23 novembre 2025 / On retient en soi les appels d’une forêt mystérieuse, d’une cascade préhistorique. On retient pour soi les souffles mystiques qu’exhalent les arbres et les ormes et les pâquerettes. On attend, en suspens, que les roches se détachent et qu’elles tombent en grand fracas dans un torrent glacé. On « étreint l’aurore » et on flotte, et replonge, et on s’inquiète soudain de nuages noirs qui accourent à nous. La forêt est noyée sous une obscurité froide. C’est le moment que le violoncelle choisit pour arriver. Ses appels sont languissants et lente est l’attente d’un grand boom. Ce sont les claviers et les samples qui manœuvraient dans l’ombre. On les voit désormais : ils se trouvent en pleine lumière, sous les projecteurs. Ce sont Les Marquises. Les autres, le violoncelle et certains des violons, l’alto lui aussi, forment le Quatuor Una Corda.
En plus de Paysages Sonores et de Soleils Noirs, cet album des Marquises offre à écouter un projet supplémentaire de Jean-Sébastien Nouveau, qui s’adonne inlassablement, semble-t-il, à la création artistique. Musique ici ambient, installations immersives (son et image), correspondance musicale et plastique, tout est bon pour labourer un champ de propositions qui se nomme - entre autres - Infradisques, son label.
Jean-Sébastien Nouveau est le chanteur des Marquises (les textes - qu’il interprète - de ce morceau, « L’ Ailleurs » vous resteront longtemps en tête) et ce Live à l’Opéra Underground qui sort plus d’un an après son enregistrement à Lyon, propose trois tableaux ici. Il se termine sur de très beaux espoirs. Ceux dont la musique expérimentale ressort rajeunie et très pop.