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Sept ans après la parution de leur dernier disque, le groupe emmené par Amaury Cambuzat depuis bientôt trente ans (en faisant un compagnon de longue date de ce webzine) revient en cette fin d’année 2025 avec Dark Times qui pose, avant même la première écoute, un cadre qui, pour qui regarde un peu autour de lui, trouve encore le courage de lire le journal ou d’écouter ce qu’il reste de canaux d’information indépendants, ne peut que sembler des plus à propos.

Le titre éponyme qui ouvre le disque pose une ambiance sonore pesante, lourde, lancinante qui sonne presque comme la bande son d’un film de science-fiction où dans toutes langues, le constat semble tendre toute perspective vers les abysses les plus sombres.

La rythmique puissante de L’Impératrice vient renforcer de manière magistrale ce penchant apocalyptique en accélérant dans son dernier tiers une montée en puissance de guitare et batterie pour un final dantesque imparable. Morceau étendard et uppercut que nous sommes heureux d’accueillir au cœur du volume 64 de nos compilations.

Solitaire prend le relais et ancre encore plus la tension avec un travail de boucle rythmique et de claviers aux accents krautrock qui pousse au vertige pour mieux mettre en valeur un texte qui traduit à merveille la tension intime qui sans cesse nous questionne dans notre confrontation au réel : Comment faire entre ces deux pôles pour continuer à avancer et ne pas sombrer dans l’isolement et l’immobilisme ?

Après une accalmie de deux titres (Perdu au bon endroit et l’incantatoire Into Nothing) qui relâche la tension sans pour autant cesser le questionnement intime, l’espoir de liberté et d’horizon semble réapparaître sur la très belle balade En Enfer aux arrangements subtils et à la candeur pop presque émouvante. Ambition formelle dont l’ampleur se retrouvera également un peu plus loin sur le très réussi Ravages.

Le rythme repart à la hausse sur Inspire (probablement un des titres les plus entêtant et obsessionnel entendu ces dernières semaines) aux sonorités de claviers aux boucles très seventies, morceau qui semble se poser en réponse possible à la question posée plus haut avant que Me(a)too vienne conclure le disque sur une note mélancolique légèrement douce-amère et troublante.

Avec ce nouvel album, Ulan Bator démontre une nouvelle fois la puissance sonore de ses compositions, l’ambition fondamentalement engagée et le caractère viscéral et percutant de ces textes, bref, tout ce que l’on peut attendre d’un vrai bon disque de rock indé en 2025.

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