13 décembre 2025 / Il faudra un jour faire un état du déficit musical entre le Canada et la France. Depuis des décennies, nos oncles d’Amérique prennent un malin plaisir à nous refiler leurs chanteurs comme tata Josiane refile ses cadeaux de Noël dès le 26 décembre sur Ebay. Pour rétablir en un coup de cuillère à pot la balance (oui, je sais cette expression date de la première élection de René Monory au poste de Sénateur, mais je suis de cette époque.), voici Hélène Barbier, française exilée (c’est la feuille de presse qui emploie ce mot très fort quand même pour un départ dans d’autres contrées.) depuis plus de dix ans (comment ne pas penser à l’exile New Yorkais de Lizzy Mercier Descloux). En neuf titres, elle dresse un Panorama (oui être chroniqueur indie machin n’empêche pas certaine facilité, la volonté n’est pas de finir comme un copieur de feuille de presse ou écrivain frustré dans un mensuel musical sous assistance respiratoire). Celui-ci est pop, léger en apparence comme les plans d’un Virgin Suicides au titre castrateur, dévoilant tout en deux mots. Léger comme pouvait être les premiers efforts de Ben Lee (qui se souvient encore de lui à part les adeptes de la carte postale pour le repérage FNAC de chez Lenoir ?), mais parsemé de chausse-trape, dans une lo-fi espiègle qui doit autant à Laetitia Sadier qu’à Brigitte Fontaine avec une clairvoyance de tous les instants, ne tombant jamais dans la caricature que ce style de musique fini souvent par côtoyer. Neuf titres plein d’un charme rieur qui font de ce troisième album (après Have You Met Elliot ? En 2019 et Regulus en 2021) une réussite dans laquelle il est bon de se réfugier (gardons la thématique) en ces temps ombragés.