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  • 11 janvier 2026 /
    Geologist
    “Can I Cet a Pack of Camel Lights” (Drag City)

    rédigé par gdo
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C’est une rencontre passionnante que nous propose le label Drag City en ce début d’année aussi inspirant que la fin de la précédente. Dans la famille Animal Collective, nous connaissions Panda Bear, Avey Tare et Deakin pour leurs travaux solitaires respectifs, voici venir enfin l’escapade en solo de Brian Weitz sous l’alias pas si énigmatique que cela de Geologist. Alors si comme moi, vous étiez un spectateur assidu des dessous des cartes sur Arte, voici une façon plus ludique, mais assurément moins rigoriste de découvrir le monde. Can I Get a Pack of Camel Lights, oui, c’est son titre (il tomberait mal pour une sortie pendant le mois sans tabac, mais janvier, c’est celui sans alcool) et un voyage enivrant mêlant les sons traditionnels, ambiances rituelles ou avant-gardistes, du jazz, du krautrock (Sonora je t’aime), du post punk et les vibrations qui ont fait la marque de fabrique d’Animal Collective quand le groupe est arrivé comme un cheveu dans la confiture. Impossible de ne pas se sentir à la fois en terre connue (Compact Mirror Last Names a bien le tampon Animal Collective sur son passeport.) tout en étant désorienté entre les mirages sonores qui vont et viennent pour nous tenir en éveil, et les alliages qui feraient hérisser les cheveux d’un docteur en musicologie conservateur, et ferait jubiler les empêcheurs de tourner en rond que nous pouvons être, à ne voir dans le confort que la traduction artistique de notre mort prochaine.

C’est donc un disque plein de vie, ouvert et hameçonnant comme une pièce de Steve Reich, bidouillant, nous plongeant dans l’inconfort dans un enfant dans un parc au sol recouvert de jouets aux formes et aux couleurs diverses. C’est le bonheur de ce disque, celui d’un musicien jouant avec les sons, enluminant à sa façon des mélodies pour les rendre les plus désirables loin des conventions, faisant rentrer les carrés dans le trou des ronds au dos d’un escargot multicolore et heureux de la ballade.

Il est fort à parier que l’Atlas que Geologist a pris la peine de constituer n’est que la première partie d’une cartographie qu’il semble à même de mener à bien, rejoignant en cela la production de ses camarades de jeu probablement envieux de cette liberté que Brian Weltz s’est octroyée en tentant de réécrire le monde. Fascinant.




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