> Critiques > Labellisés



La musique est un flux quand les musiciens ont le flow. Plus d’une décennie après ses débuts, le Dadèf Quartet poursuit ses pérégrinations en terres jazz, reliant entre elles rives du Bosphore, falaises galiciennes et bourgades d’Europe de l’Est. Sonorités orientales, celtes, klezmer ; avec son copieux troisième album, le quatuor mené par Raphaël Sibertin-Blanc nous délivre un blanc-seing, direction la Place Imaginaire – clarinette et violon murmurent, se languissent, se frôlent, avant que la section rythmique, de hiatus en changements de tempo, ne s’emballe et nous emporte. Il faudra un Réveil en douceur pour nous remettre, et puis c’est le tournoyant Brise, un chouia post-rock, comme un zeste de Bell Orchestre, et puis c’est le délicat Zéphyr – ravissante descente mélodique, contrebasse aux cordes pincées, du plus bel effet. Enregistrés par Ananda Cherer, les dix instrumentaux d’Éphémère puisent dans des registres aux similitudes persistantes, comme si tout était harmoniquement lié, comme si – autour du monde, sans se concerter – les âmes vibraient à l’unisson. Celles des compagnons de cordée Simon Charrier (clarinette), Guillaume Gendre (contrebasse) et Carsten Wienmann (batterie), mais également la nôtre. C’est ainsi que, par la fusion des notes (le flux) et des esprits (le flow), ressort de l’ensemble une fluidité tout à fait organique – naturelle. Le lent crescendo du drone Hivernal, le virevoltant Elpida, la mélopée diptyque Éphémère ; et – enfin – le magistral Sous La Douche, sommet du disque – sept minutes en apnée.




 autres albums


aucune chronique du même artiste.

 interviews


aucune interview pour cet artiste.

 spéciales


aucune spéciale pour cet artiste.