> Critiques > Labellisés



Vous vous demandiez ce que devenait David Andrew Sitek, bassiste intérimaire des dispensables Jane’s Addiction et – avant tout – membre de TV On The Radio, dont nous sommes sans nouvelles depuis une bonne dizaine d’années ? Hé bien, il joue du tam-tam sur le nouvel album de Blackwater Holylight, combo formé à Portland en 2016 et récemment implanté dans la Cité des Anges. Cap au sud, changement de climat, mais pas de mood – jamais le soleil californien n’aura raison du spleen de Sunny Faris et ses trois acolytes. Produit par Sonny Diperri (DIIV, Emma Ruth Rundle, Protomartyr), le quatrième opus de Blackwater Holylight est une merveille d’équilibre, entre shoegaze, doom et stoner – il faudra néanmoins surmonter un écueil de taille : la monotonie du chant de Sunny, dont les inflexions vocales rappellent Sonya Aurora Madan (feu Echobelly). Sunny, Sonny, Sonya, c’est parti ! Au début l’on est envoûté, d’autant plus que la coloration incantatoire colle parfaitement aux registres explorés par le quatuor, à l’image de l’introductif How Will You Feel, à cheval entre indie rock (Throwing Muses), stoner (gros riffs de guitare électrique) et drone, sauf que rapidement la formule fatigue – avec ses couplets bedroom pop le mantra Involuntary Haze remporte la mise mais Bodies traîne en longueur, la faute à une fatale impression de déjà-entendu. Tracklisting à revoir, peut-être, parce qu’une fois passé le dispensable intermède groovy-doom Giraffe, Not Here Not Gone prend enfin son envol. Quasi instrumental, voix noyées dans le mix, teinté de gaze, Spades tend vers la fusion à la Rage Against The Machine, quand Void To Be se pare de post-punk, et le patient Mourning After évoque les Cocteau Twins. On garde le meilleur pour la fin, soit la scintillante ballade dreampop Fade et le dantesque Poppyfields – longue prémisse slowcore, vaporeuse montée blackaze, violons majestueux ; sept minutes en apesanteur, qui clôturent un disque ample, riche et ambitieux, à même de faire changer de dimension le girl band angeleno. Et l’ami Dave Sitek, dans tout ça ? Son apport se limitant au beat d’un seul morceau, qui plus est bouche-trou, l’on en déduit qu’il est toujours en vacances.




 autres albums


aucune chronique du même artiste.

 interviews


aucune interview pour cet artiste.

 spéciales


aucune spéciale pour cet artiste.