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Un an s’est écoulé depuis la sortie d’Un seul matin doux : Hyperrêve est assurément (hyper) prolifique, mais - si l’on s’en tient à la quiétude émanant de l’envoûtant Nous voyagerons dans la nuit - pas du tout empressé. Confiant la réalisation de son troisième album à rien de moins que le francophile Bill Pritchard (l’on se souviendra de ses reprises de Michel Polnareff et Joe Dassin), Samuel Lequette clôture avec sensibilité une trilogie lettrée, luxueuse et mélancolique, commencée il y a trois ans. Pop de dandy sur l’inaugurale Il n’y a pas de paradis - guitares folk, chœurs lointains, basse ronde, cuivres et piano, le charme désuet des french sixties -, qui voit Samuel entremêler son chant (phrasé oscillant entre Miossec et Serge Gainsbourg) avec celui de Laure Calamy, que l’on retrouve également sur l’atmosphérique Au fond du cœur ; chanson ligne claire, évoquant Les Objets (la rengaine Qui fait partie de nos réseaux) ou L’Affaire Louis Trio (la country Ferme les yeux) ; intranquilles ballades sentimentales que ne renierait pas Alain Souchon, à l’instar de la comptine décontractée J’aime être un étranger et de Toi la vie. L’instrumentarium est riche (banjo, vibraphone, ukulélé, bugle, trompette, cor baryton, etc. ) mais la production sans esbroufe, parce qu’au service d’une interprétation sobre : ainsi l’organique Bleu, qui accueille la voix de Bill Pritchard, sur laquelle on perçoit grésillements et bruits de bouche, comme pour mieux incarner un texte humblement impressionniste - « Ce que tu dis est doux, comme la fleur ou l’eau, à la fois triste et doux, comme ce qui est beau ». Refrain qui illustrera à merveille la tonalité d’une œuvre ciselée, délicate et caressante.




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