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Derrière un superbe artwork signé Élise Olive Lilas, le quatrième opus de Monolithe Noir est une pierre occulte plantée dans le jardin intranquille de la mélancolie – pas pour rien qu’il fut enregistré entre Brest et Bruxelles, cités brouillardeuses plantées sous un ciel de pisse, que la nuit alcoolisée rend encore plus belles. S’ouvrant sur la marche Long Bridge, entre kraut-rock et new-wave baroque, évoquant le Pulp théâtral de Separations tout autant que le flegmatique Baxter Dury, ce nouvel album oscille entre compositions électroniques planantes, feutrées comme du Low Roar (le lent crescendo de Virgox), rengaine incantatoire trip-hop (Down In et sa basse compressée) ou instrumentaux lancinants, à la lisière du drone (la trilogie Gate). Si le groove est parfois volontairement raide (Seek You), l’ensemble se pare d’une vaporeuse souplesse psychédélique, à l’instar de la ballade pop syncopée Flutter, qui marrie Radiohead et les Pink Floyd, ainsi que d’arrangements vespéraux, notamment quand les cordes s’en mêlent – violon (Clara Levy), viole (Raphaële Germser) et violoncelle (Isabelle Sainte-Rose). A la tête de Monolithe Noir, le multi-instrumentiste Antoine Messager Pasqualini sait parfaitement s’entourer, et c’est accompagné de Fabrice Detry (Fabiola) qu’il nous offre une magnétique rengaine arty et déstructurée, l’aventureuse La Foi Gelée, dont le final pastoral, tout de carillons et de guitares ondoyantes, semble joué sous l’eau. Sommet de l’album, auquel il faut adjoindre l’entêtant Running Fast et Threat On Me, qui en son final brûlant vire slowcore : très convaincant.




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