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Pas prévu ce soir de chroniquer le huitième opus de Mitsuki Laycock. Mais depuis quelques jours – des couloirs du métropolitain aux murs parisiens – le visuel félin de Nothing’s About To Happen To Me me fait de l’œil (vairon), mais le souvenir du chat de Balthus (Mitsou, rien à voir, je sais), mais les bières achetées en cours de route (qui mettent par avance d’excellente humeur), mais l’amusement de constater que sur AOTY l’album se classe dans des listes telles que Cats Albums (normal), How To Be Depressed : A Guide et Essential Albums For The Girls And The Gays. Une telle rubrique existe-t-elle sur cet agrégateur de critiques, par ailleurs si pratique quand on veut s’aventurer dans l’inconnu et (très éventuellement) (voire rarement) (voire jamais) dénicher la perle rare ? C’est tellement stupide que je croirais l’avoir rêvée. Et donc, en conséquence, si par le plus grand hasard j’appréciais la nouvelle fournée de la nippo-américaine Mitski, cela ferait-il de moi un chat, un dépressif, une femme, un gay, ou les quatre à la fois ? Réponse dans onze (courtes) chansons. Note pour le moi d’après : chez ADA, nous avions particulièrement apprécié Puberty 2, publié en 2016 – l’on y évoquait entre autres la frondeuse Brenda Kahn, vais-je nous dédire ? Bah non, carrément pas. Déjà, Nothing’s About To Happen To Me est hyper attachant. Oscillant entre ballades folk réverbérées rappelant (de loin) Lana Del Rey (Charon’s Obol), ritournelles country gorgées de pedal steel (Cats) et pop jazzy (I’ll Change for You), la multi-instrumentiste semble adorer mettre les deux pieds dans le plat, à l’instar du final bordélique et bâclé de la complainte In a Lake, du garage western That White Cat, dont l’âpreté rappelle les Throwing Muses, ou du midtempo slowcore If I Leave et ses refrains saturés. Mention spéciale à la rengaine Where’s My Phone ?, qui donne l’impression que Phil Spector s’est incrusté aux manettes pour tout mixer dans le rouge – j’adore. Même quand elle foisonne d’arrangements scintillants, cordes et cuivres en avant, la production reste sèche – si mignardise il y a, c’est pour mieux faire ressortir des textes incisifs. Au pays de Mitski, comme dans tous les pays, la douceur n’est qu’apparence. Et puis la suite d’accords évolutive de la comptine lysergique Dead Women, quel régal, enfin, des dièses !!! Taylor Swift devrait en prendre de la graine (d’herbe à chats). Cela étant, le décalage entre une campagne d’affichage massive, un concert à venir au Zénith de Paris, des critiques unanimement positives (dans les médias mainstream) et une œuvre relativement modeste (aucun sommet, ni single dévastateur, Nothing’s About To Happen To Me n’est rien de moins qu’un bon petit album vite oublié) pourrait intriguer le Béotien que je suis. Il y a que sur les réseaux sociaux, et notamment TikTok, Mitski est une star mondiale – pour une fois qu’artisanat rime avec success-story, l’on ne s’en plaindra pas.




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