15 avril 2026 / Dans le battement fou et régulier de ce qui nous anime intimement, les choses sont parfois difficiles à comprendre, à digérer. L’impact vibratoire de certains événements ou sentiments peut nous laisser dériver longtemps en eaux troubles. Il arrive alors qu’une vague, plus haute que les autres, vienne nous happer.
Après trente ans d’hydrophobie, l’artiste musicale Cécile Schott, plus connue sous le nom de Colleen, a décidé de se jeter à l’eau, dans la mer des Açores, réalisant peut-être qu’il fallait plonger pour prendre de la hauteur. Des sommets qu’elle avait déjà atteints dans ses œuvres précédentes, si endurantes, si denses, formes flottantes s’imbriquant les unes aux autres pour former une seule et même île, puissante, souveraine. Une nouvelle pierre énergétique s’ajoute aujourd’hui à la bleuité du magistral édifice, avec la parution de Libres antes del final.
Composé et interprété sur un Moog Matriach, ce disque semble reproduire à l’infini les mouvements de l’océan, en harmonie avec d’autres forces en présence, physiques, spirituelles, cosmogoniques. Au contact de plus grand que nous, Colleen ramène de son expérience cinq tableaux introspectifs, liquides, obstinés, féconds, nous engageant dans le lit d’un cours d’eau tantôt tranquille, tantôt nerveux. On en sort lessivés et grandis, reconnaissants envers ce qui nous irrigue profondément.
Un album amniotique empli de force, de douceur, de douleur, d’apaisement... tout cela à la fois :