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Manoir, maison ? Maniaque, assurément. Aucun doute sur la filiation entre le trio bruxellois Maniac Maison et Maniac Mansion, mythique jeu vidéoludique publié en 1987 par Lucasfilm Games. Mythique parce que barré, baroque, bariolé : l’on supposera qu’à l’époque Shoko Igarashi, Casimir Liberski et Lucien Fraipont n’étaient pas nés, mais bon sang ne ment point, ils semblent porteurs des mêmes gènes que la famille Edison, qui occupe le manoir en question. Au programme, de l’excentricité, de la folie douce, de la décontraction sophistiquée. Mais également un saxophone hors de contrôle, qui entre les lignes mélodiques dessine des doigts d’honneur harmoniques. Électro-pop, jazz, exotica, funk, easy listening, glitch, sonorités 16 bits, des plics et des plocs à la Joasinho, le duo allemand signé chez Alien Transistor, le génial label des non moins géniaux frères Acher. Hey, maintenant qu’on y pense, Maniakkumezon, c’est carrément un trip à la Alien Transistor ! Le chant en japonais, ou en français (Je travaille sur ma musique), le voyage mental, entre le Miami des années 80 (Death companions et son clavecin allumé) et les Caraïbes du cinéma tropicaliste (Jojo), l’enrobage acidulé digne de la bande son de Persona 5, pas pour rien qu’il y a quelques zannées notre trio de geeks nourris au jazz underground traînait du côté d’Echo Park et des soirées données par Ariel Pink ou Mac DeMarco. Berklee, Los Angeles, New-York, Bruxelles, il en a fallu du temps aux Maniac Maison pour se poser et enregistrer ce disque, qui démontre que ça valait la peine de mûrir leur projet. Première pierre, pas la dernière, évidemment.




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