12 juin 2026 / La normalité, consensus mou, mous qu’on encense ou contours flous, on ne sait pas ce que c’est, alors quid de la supernormalité ? On pourrait poser la question à Supernormal, qui a choisi son patronyme artistique – ne pas confondre avec le groupe bordelais du même nom, c’est pareil mais c’est différent – en l’honneur des gens du quotidien, un peu héros, un peu rien du tout, beaucoup un peu des deux. Revendiquant des influences variées (Justice, Parcels et les Beatles), le multi-instrumentiste toulousain se lance dans le bain avec Nulvi, un premier EP électro pop à la lisière de l’easy listening, languide (2050 sur le sable), planant (Cosmic Trip) ou groovy (Nulvi). En cinq compositions ciselées, Arthur passe du je au nous, oscille entre intime et universel, évoque le village sarde de ses aïeux, tente de comprendre le monde, accepte de ne pas tout comprendre. Ici des sonorités exotiques (bah oui, si on parle de désert, il faut des notes arabisantes), là des arpèges de piano réverbéré et des textures synthétiques pures – aucune esbroufe : le sensible, le discret, l’élégant Arthur Farre privilégie l’émotion, c’est tout à son honneur. Farre dans la brume.