23 juillet 2026 / « L’ennui est pire sous le soleil, j’attends la nuit, collée au ventilo ». Tandis qu’entre monotonie des jours arides et thermomètre coincé dans le rouge nous mijotons à petit feu, paroles de circonstances, qui introduisent l’addictive ritournelle Minori, merveille de bedroom pop synthétique, avec ses claviers bleutés, sa boîte à rythmes noyée de réverbération et sa mélodie entêtante, paisible, évoquant une Mylène Farmer à taille humaine – un ravissement. Il y a que la rennaise Sarah-Maï, dont nous avions il y a deux ans particulièrement apprécié le EP À l’opposé, œuvre dans une pop francophone sans œillères ni snobisme, minimaliste et inspirée, jamais avare de cette sensibilité à fleur de mots qui transparaît dans les compositions de son nouvel opus, Sous la tonnelle. Et sous la tonnelle de Sarah-Maï, on trouve quoi ? Une collection de chansons atmosphériques, aussi douces que délicates, des comptines, des complaintes, des berceuses, bâties sur de courtes boucles d’accords, des motifs répétitifs et des ondées vaporeuses. A l’instar de son camarade de label MacThenardier, Sarah-Maï raconte le petit – sa vie (ou le monde) – pour mieux parler du grand – le monde (ou sa vie) : toute mélancolie diffuse incluse, ses textes pointillistes s’attachent aux mille détails, même invisibles, qui nourrissent nos existences. La multi-instrumentiste n’en reste pas moins espiègle : le chaloupé Cerises nous rappelle Mathieu Boogaerts, tandis que sur la ballade bariolée et groovy Sous la tonnelle, elle invite l’artiste Pâte à Sel, avant de reprendre – dans une version bien plus reposante – le Una calle nos separa de l’argentin Néstor en Bloque. Se clôturant sur le nostalgique Les tapis d’hier, le troisième EP de Sarah-Maï est un remède contre la sociopathie : à défaut de se castagner dans les supermarchés pour un ventilateur en toc, l’on pourra toujours rêvasser sous cette tonnelle, magiquement ombragée.