11 août 2026 / Et si les nineties avaient été – sans que l’on s’en rende vraiment compte – les nouvelles sixties ? À l’écoute du second album de Weird Nightmare, projet solo d’Alex Edkins, le guitariste chanteur des regrettés canadiens de METZ, la question ne paraît pas idiote, tant Hoopla – fort de mélodies solaires et d’une écriture plus fine qu’il n’y paraît – s’infuse de pop électrifiée rappelant Weezer, Sugar, Dinosaur Jr. et autres Yo La Tengo. Après un premier opus publié en 2022, le natif d’Ottawa, par ailleurs collaborateur de Julianna Riolino, s’est adjoint les services de Jim Eno (Spoon) pour enregistrer les dix compositions d’un album aussi frais (on se croirait dans le film Empire Records) que concis – une demi-heure et des brouettes, emballé, c’est pesé. S’ouvrant sur le grungy Headful of Rain, gorgé de chœurs et de décibels, le disque enchaîne les pépites, dégoulinantes de fuzz (Might See You There) ou délicieusement binaires (la cavalcade Forever Elsewhere). Et puis ce changement de tonalité sur le pont de Baby Don’t, miam miam. Canon, le quatuor de départ. Il serait donc injuste de maugréer dès lors que Weird Nitghmare ralentit à l’entrée du premier virage : oscillant entre jangle pop (Never in Style), ballade catchy (If You Should Turn Away), power pop (Little Strange) et garage (Pay No Mind), le ventre mou de l’album – mélodies moins scintillantes et arrangements trop référencés – ne fait en réalité que préparer le terrain à un final lumineux – quels refrains que ceux d’un Bright City Lights évoquant R.E.M., quelle douceur que le pont psychédélique de Where I Belong. Inventif tout autant qu’humble et artisanal, cet opus est une ode à la spontanéité, à la mélodie, au plaisir (partagé) qu’il y a de composer de la musique : mon cœur fait Hoopla boum.