14 août 2026 / Curious Bird. L’intitulé de cette pop song alambiquée tout autant qu’arty, sur laquelle – avec grâce – pépie Wendy Eisenberg, ferait un surnom aussi référencé que pertinent : son éclectisme éclairé, sa virtuosité sans affectation et son amour des dérapages contrôlés nous rappellent un autre oiseau, le chicagoan Andrew Bird, Cela étant, Wendy sait délaisser les harmonies ciselées au profit de l’ivresse qu’il y a d’emprunter – d’improvisation en expérimentation – les chemins de traverse. Contrairement à ce que le visuel pourrait laisser croire, point de folk sur cet éponyme huitième album, ou alors du folk avant-gardiste, teinté de jazz, de prog et de musique de chambre. Sous les doigts de Wendy, les notes de guitare vibrent chaleureusement, mais – porté par un riche instrumentarium – l’ensemble, d’apparence simple, est ultra sophistiqué : toujours, l’oreille se tend, intriguée par un phrasé à contretemps, un arrangement inattendu ou des syllabes qui se décalent, puis retombent – miraculeusement – sur leurs pieds. Virtuosité, disions-nous, mais sans esbroufe. Après une courte introduction pastorale (Take A Number), le disque égrène les ballades country folk millimétrées (Meaning Business), les ritournelles solaires (Old Myth Dying), les mélopées impressionnistes (Vanity Paradox). L’on percevra quelques réminiscences de Nick Drake, mais également cette liberté sans œillères chère à Joanna Newsom. Saupoudrées de pedal steel, de cordes et de Wurlitzer, les dix compositions de Wendy Eisenberg s’offrent des digressions cinématographiques (The Walls) ou exotiques (le mood bossa-nova de The Ultraworld), c’est franchement délicieux.