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Examen de conscience : si ce disque n’était pas l’œuvre de King Gizzard & The Lizard Wizard, l’écouterions-nous avec bienveillance ? Probablement pas. Déboulant sans prévenir en plein cœur de l’été, dix ans après un Nonagon Infinity qui fonctionnait sur un même principe de boucle, le 28ᵉ album des Australiens nous convie à rien de moins qu’une rave-party. Après des mois de tâtonnement et une jam (en fa#, vous apprécierez le sens du détail) enfin concluante, qui servira de point de départ aux huit compositions d’un Alien Metal pas si WTF que sa parution surprise ne le laisserait supposer, Stu Mackenzie et ses acolytes férus de synthétiseurs modulaires – aucune guitare électrique en vue, donc – nous livrent une tambouille électronique qu’il sera difficile de qualifier : un pied à Ibiza (David Guetta), un autre dans une usine désaffectée de la banlieue de Manchester (The Chemical Brothers), le troisième chez Eric Serra (oui, oui). Rien d’extravagant, de surchargé ou de trop daté, production abrasive et néanmoins sobre, nulle parodie des nineties au programme, le sextet a trop bossé pour sombrer dans la facilité, sauf à considérer l’enrobage politico-futuriste des textes comme plutôt convenu – l’introductive Sapience, teintée de trance, d’acid et de techno, cite la société Palantir, spécialisée dans la méchanceté ; plus loin, transhumanisme, intelligence artificielle, dépendance cybernétique, militarisation technologique, apocalypse nucléaire, retour au début de la boucle, et ainsi de suite. Voici une énième et stérile vision nihiliste, malheureusement portée par d’épuisantes voix sous vocodeur et des chœurs dignes de la bande son des Visiteurs  - le jungle Level 5 et ses basses liquides se parent d’un mood Chaussée aux Moines qui fera franchement froncer les sourcils. C’est durant l’impeccable instrumental final Atomic Collapse, oscillant entre rave et psytrance, que l’on réalise à quel point ce disque aurait pu, sans ces fichues vocalises, être tranchant. Parce que oui, les amen breaks de Kill For The Steel, les sonorités acid house de Superheavy, Supercritical, les percussions cyberpunk de Rapid Alpha Decay, la radicalité gabber de Uqt, rien à dire, ça fait le café – si l’on aborde ce nouvel opus sous l’angle des registres qu’il égrène, Alien Metal est un bon cru, qui aurait gagné à mettre de côté le chant robotique pour mieux laisser respirer les machines. Paradoxal, et frustrant.




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