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Allez savoir pourquoi, au moment de me plonger dans le dantesque Overspace & Supertime, le fameux vers de Dylan Thomas m’est revenu – « Do not go gentle into that good night ». Il faut dire que, fort d’une durée de 80 minutes, le second album des Cryptic Shift avait de quoi effrayer le tout-venant, qui plus est peu enthousiaste à l’idée de se fader un space-opera metal narrant les pérégrinations cosmiques d’un voyageur nommé The Recaller, traversant distorsions temporelles et champs d’astéroïdes pour retrouver une sorcière extraterrestre. À voyageur, voyageur-et-demi, c’est dans le train entre Lorient et Paris que je me suis attelé à la suite spirituelle de Visitations from Enceladus, publié en 2020 par le quatuor de Leeds. Dans la lignée de formations telles que Vektor, Blood Incantation et Voivod, le combo mené par le chanteur Xander Bradley fait preuve d’une indéniable virtuosité – guitares électriques tranchantes, complexité rythmique, structures évolutives – mais jamais au détriment de l’ensemble, préservant ainsi – lors de passages atmosphériques – la narration. Certes, dès l’inaugurale Cryogenically Frozen, qui avec fluidité enchaîne les moods jazz-prog et death metal, l’on sait où l’on met les pieds – le trash prédomine. Ceci dit, aussi massif soit-il, telle les trente minutes de l’immense Stratocumulus Evergaol (quel superbe final !), sous une épaisse couche de décibels et porté par une production clinique, Overspace & Supertime s’avère plus subtil qu’il n’y paraît. Un effet de chorus, un thérémine, une transition de binaire en ternaire, chaque détail concourt à faire de cet album intimidant, parfois trop labyrinthique pour son propre bien, un objet d’une ambition rare, mais également un trip sci-fi nous rappelant quel bien ça fait de se promener dans des mondes imaginaires. Un vrai plaisir de geek.




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