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« Le Vrai Nick Cave est né un midi, sur un parking à Peck. Tout au bord de la lointaine, sauvage et plane Belgique. Après la moitié d’une vie affublé d’une ressemblance patente avec la vedette australienne, et après un chassé-croisé capillaire, c’est là qu’est née, dans la clairière, l’idée mercantile, l’horizon financier, Nick Cave in French ». Ainsi s’ouvre, sur une déclaration d’honneur tout autant que d’intention, la jubilatoire reprise du Red Right Hand de Nick Cave, soi-disant enregistrée au casino de La Tremblade, en Charente-Maritime. Trafiquant les paroles et s’appuyant sur une base musicalement très solide – entre easy listening et rock garage – Le Vrai Nick Cave se livre, avec Main droite rouge, à un exercice de style irrévérencieux, qui jamais ne sombre dans la parodie. Au contraire, Grégoire Motte et ses acolytes – la bassiste Aurélie Muller, le claviériste Eric Bribosia, le guitariste Gil Mortio et le batteur Yannick Dupont – respectent le matériau originel, sombre et théâtral, en lui injectant une dose d’absurde distancié et gouailleur paradoxalement touchant – mise à nu que l’humour belge, la tristesse d’exister peu n’étant jamais loin. Parée d’orgue sépulcral et de chœurs féminins, Une fille qui s’appelle Johnny, soit la cover du (I Know) A Girl Called Jonny de Rowland S. Howard, regretté guitariste des Birthday Party, se fait slow gainsbourien, tandis que l’irrésistible La salade de Dracula revisite le mythique From Her to Eternity – franchement comique et néanmoins hyper bien fichu. Indiscutablement, ce (trop) court EP est l’OVNI de l’été.




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