30 août 2026 / Oups. Il semblerait que Chelsea Wolfe a passé tant et tant de temps à plancher sur la liste des invités de son neuvième album qu’elle en a oublié d’écrire de bonnes chansons. Voyez par vous-même : Troy Van Leeuwen, Justin Meldal-Johnsen, Robin Finck, Stella Mozgawa, Jennifer Decilveo et même mon chouchou Ben Babbitt, compositeur de la bande-son du jeu vidéo Kentucky Route Zero, que j’ai évoquée en ces pages il y a quelques années. Ce sont les Expendables du mainstreamground, convoqués par une Chelsea pourtant désireuse de réduire la voilure et se rapprocher d’une épure gothique qui effectivement lui sied à merveille : double sommet que le slowcore Halo, évoquant Swell et Radiohead, et la cruelle comptine blackgaze Death Is Not The End. Le reste ? Mention passable pour la ballade Cold, magnifique final gospel éthéré, et la ritournelle folk hantée The Dark, mais le reste du disque pèche par une lourdeur aussi convenue qu’artificielle – les gros sabots sont de sortie. Si la complainte Turn the Key évoque au début l’inestimable PJ Harvey, elle plonge malheureusement dans un rock indus-goth épique digne des affreux Evanescence, dont l’ombre maléfique plane aussi bien sur l’electro-shoegaze faussement torturée Humours, ou l’anecdotique Swallower, chouette ligne de basse mais grosses ficelles émotionnelles. Sachant que l’inégal The Dark se conclut sur Dancer in the Sky, soit une ballade mièvre à la Coldplay, franchement, on se demande pourquoi Chelsea Wolfe a souhaité quitter les rives du metal, si ce n’est pour tenter de rendre sa musique plus accessible. Si The Dark était un film, ce serait The Others, remaké par Michael Bay. Pas glop.