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Des vacances en Allemagne sous le soleil de la musique des Agamemnonz. Cela fait maintenant quelques années que nous suivons le groupe, depuis 2013 précisément, avec un dernier rendez-vous en 2021 autour d’Amateurs. Et les retrouver avec Die Sommerreise, c’est un peu comme retrouver une vieille bande de copains qui auraient décidé de prolonger leurs vacances en musique.

Le disque porte bien son nom. En tournée en Allemagne, les Agamemnonz ont posé leurs valises à Berlin pour cinq jours d’enregistrement dans un ancien bâtiment de l’Est berlinois, avec cette volonté de tout jouer presque en direct, dans l’urgence et l’élan du moment. On imagine les amplis qui chauffent, les musiciens entassés dans le studio, le soleil dehors et les chitons qui sèchent sur le camion. Une manière assez fidèle de fabriquer un disque qui donne constamment l’impression d’être en mouvement.

Dès Der Mondmann, on a presque l’impression qu’un brass band local s’est invité dans le voyage pour rejoindre une fête de la bière. Puis les Agamemnonz déroulent leur drôle de programme : valse, slow, boléro, jerk, polka, surf, hully-gully… Dix morceaux qui pourraient sembler partir dans toutes les directions, mais qui finissent par trouver une vraie cohérence, comme les étapes successives d’un même périple.

On pourrait imaginer ces musiques dans un film français des années 60 ou 70, chez Blake Edwards, ou dans un western qui aurait décidé de quitter les grands espaces pour trouver de nouvelles racines dans une Bohème colorée et pleine de vie. Les Agamemnonz convoquent un imaginaire cinématographique sans jamais tomber dans la simple reconstitution : les cuivres berlinois, le clavicorde, l’ondoline de Graham Mushnik et les arrangements viennent enrichir leur surf sans lui faire perdre son énergie.

C’est peut-être ce qui me plaît le plus dans Die Sommerreise. Derrière cette accumulation joyeuse de styles, il y a toujours quelque chose qui affleure, un rien de mélancolie qui vient troubler la fête sans jamais l’interrompre. Une nostalgie discrète qui donne du relief aux morceaux et rend finalement cette musique assez addictive.

Les Agamemnonz jouent depuis dix-sept ans avec les codes du surf instrumental, mais ils continuent surtout à avoir cette capacité assez rare à faire voyager sans paroles. Ici, le voyage passe par Berlin, par les années 60, par quelques films imaginaires et par toutes ces musiques que l’on croyait parfois oubliées. On part pour l’Allemagne, mais on ne sait jamais vraiment où l’on va arriver.

Et c’est probablement ce qui fait le charme de cette Sommerreise : une musique qui donne envie de danser, de sourire, mais aussi, juste derrière, de regarder le paysage défiler avec une petite pointe de nostalgie.




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