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Dès les premières secondes, MINI-GOLF – Un percorso pieno di ostacoli donne l’impression d’avoir été enregistré dans un garage psychédélique où quelqu’un aurait oublié de calmer les amplis. Énervé, rebondissant, sautillant, le disque nous embarque immédiatement dans un joyeux désordre où l’on se demande si ¡ Duflan Duflan ! savent vraiment où ils vont lorsqu’ils se mettent en route. Et à vrai dire, ce n’est pas très important : ils avancent, on scande, on crie, ça rebondit dans tous les sens et, surtout, ça donne immédiatement envie de bouger.

Il y a dans les rythmiques quelque chose qui rappelle les nouvelles manifestations, celles où la colère semble presque chorégraphiée. Tout le monde paraît s’être installé au fond d’un garage, avec les micros restés derrière la porte. Le son est étouffé, compressé, cabossé, et c’est précisément ce qui lui donne cette énergie revendicative. Le trio belge semble prendre le disco, le punk, les synthés et tout ce qui lui passe sous la main pour les malmener jusqu’à ce qu’ils acceptent de suivre son rythme.

Le titre de l’album n’est finalement pas si mal trouvé : onze morceaux comme onze trous de mini-golf, autant d’obstacles à franchir le plus rapidement possible, aucun ne dépassant les quatre minutes. Sauf qu’ici, la petite balle ne roule jamais vraiment droit. Elle rebondit contre les murs, prend des chemins improbables et finit parfois on ne sait trop comment dans le trou.

C’est ce qui rend le disque aussi réjouissant. On peut passer d’une tentative hilarante d’évasion sous camisole à une sorte de disco passé au rouleau compresseur, puis se retrouver dans une ambiance qui ferait penser à des petits enfants belges de Vive la Fête revenus de vacances sans argent. Le sérieux n’a manifestement pas été convié à la partie, mais derrière cette apparente récréation, la mécanique est redoutablement efficace.

Los Dorados pourrait ainsi être la bande-son d’une journée passée dans une criée du port du Tréport, avant de bifurquer vers une tribune argentine où quelqu’un aurait décidé de chanter beaucoup trop fort. Nachtgurke, lui, vient réveiller quelques vieux fantômes de Daisy Chainsaw et me rappelle pourquoi je gardais autrefois des cierges chapardés dans une église à portée de main lorsque j’écoutais Katie Jane Garside, au cas où elle aurait décidé de venir me mettre une rouste dans ma chambre.

Puis Don’t Scan My Brain arrive comme un rouleau compresseur qui descend la pente sans jamais ralentir. C’est probablement le morceau le plus abouti du disque, mais aussi l’un des plus inquiétants : même écrasées par la machine, les victimes semblent encore avoir le droit de pousser un dernier cri.

Et c’est peut-être là que ¡ Duflan Duflan ! réussissent leur drôle de parcours. Sous le disco trituré, les synthés analogiques, le disco-doom et cette énergie de garage, il y a une vraie cohérence. Ils savent transformer le bruit, la saturation et l’absurde en musique véritablement dansante, sans jamais perdre cette sensation de danger qui fait que l’on ne sait jamais très bien quel sera le prochain obstacle.

Un mini-golf, donc, mais avec des règles qui changent à chaque trou, des rebonds imprévisibles et une victoire parfaitement dérisoire. Ce qui, finalement, est probablement la meilleure façon de jouer.




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