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« C’est l’amour fou / celui qu’en fout / dessus dessous / qu’en fout partout ». Oreilles chastes, prudence – à peu de choses près, et jusqu’à l’épuisement lexical, le nouvel album de Acquin ne parle que de cul. Poétique, espiègle ou cru, le Parisien place la chair au cœur des dix compositions d’un Restes lettré, évoquant - par son chant murmuré, sa nonchalance affirmée, son goût des mots qui choquent et s’entrechoquent - Serge Gainsbourg tout autant que Benjamin Biolay. Musicalement aéré (rien ne heurte, rien ne trouble), l’ensemble oscille entre ballades électro-pop (la moite Reste) et rengaines pop-rock (Dite), s’offrant quelques digressions baroques (Rêver peut surprendre), discoïdes (le final de L’amour fout) ou reggae (le chaloupé Jeu moral). Et puis il y a le délicat Bise, sur lequel Acquin harmonise avec Ines Del Valle, tandis qu’au loin le clarinettiste Vincent Penot chasse les nuages noirs. « Comment as tu senti / le son rare de ses plaies / comment as tu perçu / ce vieux rythme qui se tait / au-delà des amours / au-delà des marées / si fragiles / et déçues au-dessus / d’écumes mortes ». La langue est belle, à l’image du soin apporté sur un troisième opus plus cérébral qu’il n’y paraît - de quoi rassurer les oreilles chastes. L’élégant Acquin prouve ainsi que l’on peut parler d’étreintes sans jamais sacrifier le Restes.




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