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  • 8 mars 2008 /
    Migala
    “La increible aventura”

    rédigé par Yann
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N’en déplaise à certains, le précédent album de Migala, " Arde ", avait été, à mes yeux pour le moins, une semi-déception. Non pas qu’il fut un mauvais album, bien au contraire, mais plutôt un album du surplace, un album, disons, presque pour " rien ", un coup d’épée dans l’eau, en clair un album qui donnait énormément envie d’écouter le précédent. On sentait alors les espagnols hésiter entre plusieurs choix qui s’offraient à eux : tenter de nouvelles expériences, ouvrir de nouvelles voies (la très Calexicienne ouverture " Primera parada ") ou essayer de retrouver la magie qui opérait sur " Asi duele un verano ". Mais point de " Gurb song ", nulle trace de la moindre " Anciant glaciar tongue " : le cul entre deux chaises, le groupe ressemblait davantage au père du Ferdinand Bardamu de Mort à crédit se vantant de ses tribulations à Londres bien que la trouille et le brouillard ne lui aient pas permis de dépasser Douvres plutôt qu’au Kurtz d’Au cœur des ténèbres. Leur prestation au Rhâââlovely festival au mois d’avril l’avait laissé présager, l’écoute de leur nouvel album le confirme : Migala a changé, Migala a pris des risques. Et quels risques ! Peu de groupes pourraient être capables de se passer d’un atout comme la voix d’Abel Hernandez (imaginez les Tindersticks sans Stuart Staples ou Placebo sans Brian Molko…heu…en fait pour le deuxième exemple ça peut se discuter finalement). C’est elle la grande absente de ce disque :seulement présente sur deux morceaux (dont le magnifique " Your star, strangled ", splendide clin d’œil à l’ancien Migala), elle est remplacée sur la plupart des autres morceaux par divers samples de voix appuyant à merveilles le sentiment d’urgence qui se dégage de l’ensemble. Les amateurs d’étiquettes se feront un malin plaisir d’affirmer que Migala est devenu " Post-rock ", brandissant l’épique morceau final sur lequel on peut entendre les canadiens de Godspeed faisant bronzette à Ibiza mais, loin des schémas crescendo-rupture-crescendo, on peut tout aussi bien y entendre du Krautrock ou de la country de l’espace. Laissons plutôt de côté les étiquettes pour se saisir d’une main de notre chapeau et de l’autre de notre fouet et partons pour la " increible aventura ":attention, le tigre est en liberté et il a une araignée au plafond.




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