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La rencontre avec mendelson c’était via un premier album coup de poing (une habitude chez lithium) et une chanson (par chez nous) poignante, effrayante, appuyant là où ça fait mal en ayant pris la précaution d’y saupoudrer du sel sur la plaie avant. Seuls au sommet, c’est avec cet album que mendelson est de retour, alors que lithium a touché le fond, Mendelson toucherait il le sommet artistique. Sur ce nouvel album Pascal Bouaziz et sa bande (sa famille ?) nous offre tous, son intérieur, véritable caverne d’ali baba à tiroirs, où rien ne semble être là par hasard ! Au hasard un album d’arab strap. Indice révélateur, simple coïncidence ? De là à rentrer dans cet univers comme dans celui des écossais il n’y a a qu’un pas que nous ne franchirons pas, par trop de précaution, mais surtout car ce disque fourmille d’indices. Comment ne pas penser que Bouaziz a du pas mal écouter l’œuvre de Mark hollis, rétrécissant au maximum les silences (toi & moi) donnant à Murat le devoir de revoir certains de ses textes, s’il voulait s’aligner sur cette chose, bouleversante plongée. Si Mendelson cherchait son tube sa marque dans le quotidien des gens " je me réveille " est une de ces fantastique pop song parfaite, trop rare dans l’univers français, entre le meilleur de chedid (le père oui quand même) et les fulgurances lumineuses de Dominique A. D’un texte plus parlé, Bouaziz invente, comme peut le faire Desplechin au cinéma, une pop song aux allures romanesques mais direct. C’est là où mendelson a changé, c’est qu’il a su prendre une focale différente à son viseur, incluant le décors à ces histoires, pas par esthétisme plutôt pour mieux expliquer. Unité de temps " soixante dix " (l’arab strap cristallin, ou les tindersticks sans tension, juste l’appel de la mémoire), unité de lieu, l’intriguant l’Ardèche (un mark hollis bruyant) ou bienvenue à Lacanau (une pierre de plus dans le jardin de ceux qui vomissent la chanson française, une pierre brûlante et dramatique), unité de mémoire, quand Mendelson se prend et s’éprend de Randy Newman pour une chanson titre en plein dépouillement avant le fleuve (les petits frères des pauvres) une chanson d’une vie, un basculement dans le grand tout, sans les règles du jeu castratrices. Alors Mendelson pourra tout contrebalancer de façon comico satanique, comme contrepoids à cette quasi pureté. En se normalisant Mendelson se montre encore plus à nue, c’est juste ici une question de lumière, celle des grands sommets..