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Pour paraphraser Pierre Desproges, qui sera très à la mode dans les jours à venir (autant nous pouvons remercier EDF, autant luttons contre le cancer), j’aime la ponctualité et ce soir je dois dire : vous m’avez déçu. Les lecteurs férus, voire maladifs de mes chroniques biscornues auront en mémoire mes fulgurances dithyrambiques autour de deux démos parues sous le nom de Quert. Jamais avare de superlatifs quand la critique le nécessite, j’avais mis sur Quert les espoir les plus grands, voyant en ces deux disques instrumentaux l’une des plus belles rencontres depuis la naissance du site. Alors que nous mettions en chantier notre première compilation, Quert semblait lui disparaître, comme enseveli sous une pile de livres de la BNF. Sans l’oublier, nous ne l’attendions plus, car la patience à des limites, mais c’était sans compter sur le trop rare label Drunk dog. Alors Quert quittait le monde des vivants c’est une réincarnation du nom de Cvantez qui prenait le relais. De Quert nous aimions ses guitares qui ne lisaient pas une partition mais une étude poussée sur la dialectique et la grammaire. Elles sont toujours là, plus matures, plus entourées. Il ne manquait pas de mots. Il en manquait pas de voix. Avec Cvantez Quert s’ouvre aux mots, laissant ses guitares narratrices porter des mots. Oui Quert passe au format chanson, et ce long passage l’excuserait presque d’une si longue attente. A l’image de Dominique A trouvant en Françoiz Breut un contrepoids tout en ambivalence ( la douceur est la meilleure conductrice des mots durs) Quert a trouvé en Sandra Escamez une alliée divine, pour une idylle entre des guitares parlantes et des chansons qui ferait le haut de l’affiche sur une compilation de Serge Rezvani. Les mots y sont beaux, justes et toujours cruels. Avec Cvantez Quert a aussi une nouvelle rythmique qui permettra aux cordes de se faire pousser des ailes, de sauter comme sur un trampoline. L’aine et la nuque est la quintessence de cette écriture pure et charnelle. Le corps est concerné par les notes, celles-ci rebondissant vers des apogées quasi pyrotechniques. Avec Quert nous étions sans voix, Cvantez nous donne la voix mais nous triture les tripes pour dans sanglots longs et chauds. L’attente récompensée nous prendrons garde de ne pas trop attendre la suite tout en jalousant le futur qui lui sait ce dont l’avenir sera fait. Avec ce premier album l’avenir c’est tout de suite, et une forme d’éternité aussi. Acceptez ce paradis suave électrique et poignant. Prodigieux.




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