Ce soir dans La Masse & L’Enclume, l’équipe d’ADA satisfait votre soif inextinguible de culture et leste votre sac de plage avec un dvd, un roman et une biographie graphique. Débutons par le dévédé, captation d’un concert de Daniel Johnston donné en juillet 2007 à l’Union Chapel de Londres. The Angel & Daniel Johnston-Live At The Union Chapel (Adjustable Productions) –titre en écho à l’admirable documentaire The Devil & Daniel Johnston (2005)- vous aidera à patienter pendant l’heure d’affluence aux sanitaires du camping de La Raie Ensablée. L’Américain toc-toc livre seul ou accompagné d’amis (James Yorkston, le groupe Adem) ou de collaborateurs de toujours (Brett Hartenbach), un set de 21 titres d’une puissance émotionnelle exceptionnelle et d’une dignité étincelante. L’architecture gothique de l’édifice londonien magnifie une prestation à l’impeccable set-list qui puise dans les titres connus de tous (« True Love Will Find You In The End », « Speeding Motorcycle », « Devil Town »...) et dévoile de nouveaux matériaux (« Mean Girls », « Try To Love »...). « Nothing short of breathtaking » insiste le London Evening Standard. On confirme et on remercie la toute jeune structure indépendante Adjustable Productions de l’Hertfordshire d’avoir porté ce document de 82 minutes, enrichi d’extraits de répétitions et d’une interview d’après concert, à notre connaissance.

Un document que se sera sans doute empressé de se procurer Rob Sheffield, journaliste pour le Rolling Stone américain et MTV, mû par un amour de la musique sans réserve et qui signe avec Bande Son (Sonatine Éditions), un premier roman attachant. L’auteur y revisite les 90s musicales (Pavement, Nirvana, Beck, R.E.M., Daniel Guichard, tout ça...) à travers le prisme de son histoire d’amour avec Renée, punk apalachienne qu’il rencontra sur « Radio City » de Big Star et pour laquelle il élaborera de savantes compilations qui rythmeront leur vie de couple (sessque, vaisselle, disputes et ce qui existe entre) et dont chaque tête de chapitres dévoile le contenu. Renée meurt et le lecteur se fait spectateur de la déchéance de Sheffield et de sa reconstruction aux sons de titres très évocateurs pour chacun de nous.

Johnny Cash : Une Vie (1932-2003) (Dargaud), biographie graphique de l’Homme en noir par Reinhard Kleist évoque également un amour sans limite, celui qui lie Cash à June Carter mais s’attarde plus particulièrement sur la manière dont le chanteur fonde un pan sans égal de la culture populaire américaine contemporaine. Le lecteur n’apprendra rien qu’il ne sache déjà mais sera saisi, au fil de ces 224 pages, par l’a propos d’un trait précis et hautement expressif qui témoigne d’une maîtrise incontestable du sujet par le dessinateur allemand et surtout d’une grande déférence. L’utilisation du noir et blanc réhaussé de gris achève de transporter un lecteur qui en oubliera l’herpès chopé dans les toilettes de son "hôtel de plein air".

Portfolio




 l'interview


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