> Critiques > Autoproduits


  • 6 mars 2010 /
    Pumuckl
    “L’Anecdotiste” (Cloud)

    rédigé par gdo
    1 vote
      (10/10 - 1 vote) notez cet album


Si je devais vous dire que ce site vit encore pour recevoir entre autre des nouvelles de monsieur Pumuckl, vous ne me croiriez pas, et le sieur en question se demanderait si le type de l’autre côté de l’écran de l’ordinateur n’est pas un fou, une sorte de fan tyrannique, comme la faussement sensuelle Claire Chazal a pu connaître au temps de sa splendeur sur papier glacé.

Comme nous avions fait une croix sur un ministre de la culture compétent, nous avions donné à pumuckl sa marque indélébile dans le cahier des rencontres splendides, avec une date de début, et une date de fin. Heureusement l’encre a un sang à réanimer, et la date de fin pouvait être chassée, « L’anecdotiste » venait pour prolonger l’histoire, et pour nous donner aussi l’envie d’y retourner, alors que la tête se figeait irrémédiablement sur 49 centimètre de notre sang.

Les imparables sont là, « Sommeil Léger « « Une Vie = Une Seconde », mais Pumuckl n’en n’est pas resté là. Il y a cet « Amour Du Vertige », chanson naïve et belle qui se baladerait chez un Depeche mode contemplatif. Il y a « Expiré » qui respire une envie d’avancer vers autre chose, quitte a perdre la bonne route, quitte à en prendre une inconnue qui frise la ravissement. Il y a surtout « Dehors » merveille électro subtile qui n’en fait pas des tonnes, économisant ses effets pour nous gâter de ces moments pures et magnifiques « C’est triste à dire, je suis un peu mort ».

Et puis il y a les improbables, les chansons qui feront que l’on signera encore pour un bail de dix ans, quitte à regarder l’horizon fondre pour n’être plus qu’un pointillé unique. « Remords » culmine au loin, un astre violent, une chanson d’amour contrariée, de fin de liaison, les sentiments au paroxysme, la liaison de cette boucle qui relie la haine et l’amour. Notre « Anecdotiste » n’a alors pas besoin de rendre hommage à ses aïeuls, au premier desquels Jérôme Minière et de son « monde Pour N’importe Qui », d’autant que celui ci manque sa cible, l’archet ayant depuis longtemps dépassé celle ci. On ne s’endormira donc pas sur ces lauriers, même en chantant cette « Berceuse pour Soi », on attendra ces chansons de l’intime, violentes, froides et moelleuses à la fois, brulantes et rudes.

Avec des remords, on laissera Pumuckl sur cette nouvelle étape, on lui demandera de nous parler prochainement de ces affres et tristesses nouvelles, on lui dira que pour nous c’est pareil, la mélancolie est notre costume taillé sur mesure, et la fin ne justifiera jamais que nous soyons moyen. Un sommeil contrarié et beau.