Lucas Abela, musicien australien ayant auparavant officié comme batteur dans diverses formations rock et métal est certainement un ovni de 1er choix dans le vaste monde des musiques dites expérimentales. En effet, sous le curieux pseudonyme de Justice Yeldham, il est le seul musicien au monde à jouer… de la vitre amplifiée !

Quelques effets accrochés à sa ceinture, un morceau de vitrage et un micro-contact lui suffisent à déclencher un capharnaüm puissant et électrisant où le visuel prend une place tout aussi importante que le sonore… La méthode est simple encore fallait-il y penser : il plaque son visage sur la vitre et hurle de façon à créer des vibrations dans la plaque de verre, vibrations qui sont donc captées par le micro-contact et trafiquées par ses effets qu’il pilote en temps réel. La simple vision de ce visage furieux et déformé par la pression sur la vitre est saisissante pour qui a eu l’occasion de voir la chose !

Ses performances durent généralement entre 10 et 20 minutes, prenant fin quand, le visage ensanglanté par les diverses coupures qu’il s’est infligées lors de sa prestation, la vitre, maculée d’une salive elle aussi ensanglantée, se brise totalement ! Généralement, cette dernière portion de verre termine explosée sur son crâne ou, mieux encore, croquée énergiquement dans sa bouche !

Plus singulier encore, le choix du Ministère de la Culture australien qui envoie il y a quelques mois Lucas Abela en Chine comme ambassadeur culturel dans le cadre d’un programme d’échange artistique. En moins de 2 mois à Pékin, Lucas Abela forme le groupe Rice Corpse avec 2 musiciens chinois, Yang Yang, un batteur allumé de l’underground local et Li Zenghui, saxophoniste à la base mais ici pianiste. En effet, Lucas Abela voulait un pianiste mais ne parvenait pas à en trouver un qui soit suffisamment déjanté pour servir son propos !

Témoignage live de ce trio aussi éphémère qu’iconoclaste, l’album Mrs Rice, publié sur Dual Plover (label fondé par Lucas Abela), est un étrange mélange d’une énergie brute et organique (Lucas Abela) avec une approche improvisée relativement calme voire classique des deux compères pékinois… Une alliance musicale contre-nature mais assurément ahurissante mais pourtant moins déroutante que cette chronique pourrait le laisser penser… Pour oreilles curieuses et avides de nouvelles expériences !


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