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N’ayant pas une assise culturelle très rap, je suis passé à côté de la carrière de Soso comme Domenech à côté de celle de Robert Pires. Les guitares m’ont toujours plus parlés (sous la contrainte ?) que les platines, et les cheveux longs plus de mon entourage, que les cranes surmontés d’une casquette de travers. Souvent caricaturiste de la chose hip hop, j’ai plus souvent dégommé les disques avec des Yo Yo, que souhaité du mal à Coldplay (c’est dire !!!!!)

Alors quand Kütu Folk m’a proposé Soso, et à inscrit celui ci pour un volume des compilations ADA, j’ai prit celui ci pour un petit nouveau, me mettant un joli baobab dans l’œil, et surtout avec trois ans de retard, puisque cette sortie chez Kütu est une réédition d’un album parut il y a trois ans sur le label Endemik.

Sans le début de l’histoire, celle ci pouvait être, et elle le sera, très belle. Une Entrée comme un disque de post rock qui serait mis sous une tonne de gravats. Une main en sort, une voix nous arrive, on pense irrémédiablement au chanteur des dispensables Whipping Boy, on pense au rap certes, mais grandit par un spoken word tout à la fois introspectif et personnel dans sa façon de le placer, loin des caricatures Lucchiniesques qui peuvent fleurir dans le genre.

Entre des sons d’un autre siècle, et une culture qui tend vers le rap, Soso réalise une jonction étrange, comme si Dylan avait troqué ses lunettes noirs et son chapeau pour une casquette et des baskets comme si Mark Linkous nous revenait comme un shaman, pour nous conter des histoires urbaines à la morale universelle. Les plaines sont chez Soso des grandes étendues (Your Moon Is In The Next Room) autour desquelles poussent des immeubles aux halls probablement mal fréquentés. Soso c’est tout à la fois le bonheur de pouvoir parler de son quotidien avec des mots simples, et celui de jouer avec l’emphase d’un arcade fire (For A Girl On A Faraway Hill) débarrassé de ses habits d’Amish chez les Ingals.

En huit titres, il s’éloigne de son berceau, quitte ses jouets, changent les couleurs du papier peint, mais ne jette rien. Il garde ses influences, mais propose à celles ci de s’accommoder de nouveaux copains de jeux, dans une atmosphère qui est plus dans l’amplitude des mouvements, dans la distorsion du temps, plutôt que dans l’urgence, la tension et le rapport direct. On pourra tout écrire sur l’ouverture « Rubber Rings », on ne pourra jamais faire décrire ce que nous ressentons, une apnée dans les émotions qui frôle le Nirvana. Un homme se met à poil, déjouant les pièges sans aucun artifice, s’amusant même d’un lyrisme nouveau

« Tinfoil On The Windows » n’est peut être pas la meilleure porte d’entrée pour découvrir l’œuvre de Soso, reste qu’elle est trop belle pour ne pas l’ouvrir. Une forme d’éternité.




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