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Au premier coup d’œil la pochette m’a renvoyé aux disques les plus sombres de Smog, comme le terrifiant « Sewn To The Sky », fond noir dessins mystérieux. Mais la connexion avec Bill Callaghan est uniquement graphique, car même si le duo se positionne sur une voie Dark Folk, la lumière est bien celle du soleil et non de la Lune. Derrière des chansons pesantes aux accents inquiétants, elles arrivent, grâce à des voix fortes et lumineuses à nous sortir d’un effroi possible. Car il y fait froid dans ces chansons. La peur rode derrière chaque note, des fantômes s’amusent à déjouer une boite à échos, des esprits malins distendent le temps pour mieux nous y perdre. Placées au centre de ce décorum Claudià & Lucie sont comme deux sirènes bataillant avec des jolies armes, des chansons en apesanteur. Dés « Mary And Tom » nous sommes en prise directe, la mélancolie portant les guitares. La souffrance à de cela de belle qu’elle peut faire jaillir ce qu’il y a de plus pur et de plus beau en nous. Claudià & Lucie semblent ici beaucoup souffrir. Pour soigner cette plaie béante rien de tel que « The Red Tree Circle », titre enlevé aux clignements d’yeux évident au grand Bob. C’est alors que la feuille de presse intervient, car dans celle ci on nous parle de jeunes femmes qui auraient commencé la musique il y a de cela quelques mois, et on entend « Purple ». Alors on se demande si la communication n’a pas exagéré un rien pour donner corps à une légende possible, car « Purple » est un titre d’une maturité extraordinaire. Il y a plus de puissance dans ce titre que dans la discographie complète d’une chanteuse à voix qui nous viendrait du pays des gamelles rebelles. Cette assurance on la retrouve sur « The Fourth Act » et sur « Sharp Night ». Sur ce dernier la trame est plus évanescente, on bascule dans un univers presque Lynchéen. Claudià & Lucie nous transportent là où Kristin Hersh chante comme un musicien de rue, autour du soleil. « Explosion » qui clôt le disque porte bien son nom, comme si nos deux sirènes invitaient le monde entier à chanter sur un gospel devergondé, s’entourant de monde pour se réchauffer, expier les démons qui se cachaient dans certaines zones d’ombre du disque. Un premier EP à la vigeur et au souffle impressionnant, comme si leur vie en dépendait. Un avenir certain.




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