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Ma première écoute de « collapsible » de l’américain francophile Jeffrey Bützer fut nuancée. J’y entendais une musique où le piano-jouet dominait, fortement inspirée par un certain lyrisme Tiersenien - période Amélie Poulain –, avec un côté américain très produit, très carré.

Puis, les mots de Lionel Fondeville (auteur français des textes) se sont faufilés jusqu’à mon oreille sur « Pickpocket » : ‘Pickpocket, je t’aime…/... Si ta main pouvait prendre tout ça, j’ai tant de jeux, d’objets, de gens dans mon sac à dos en peau de rien, de petits cailloux cassés qui me piquent la peau des doigts’. Je me suis alors rendu compte de mon erreur initiale. Je m’étais contenté d’écouter distraitement la musique, sans me rendre compte que ce disque parlait d’une rencontre entre deux personnes qui ont échangé par-delà l’océan pour créer un univers onirique et original, sans équivalent. Finalement ce sont les paroles écrites par Lionel qui m’ont ouvert les portes de la musique de Jeffrey. Elle est pleine de nuances, de respirations, d’emballements. Pourquoi n’aurait-elle pas le droit d’évoquer le cœur qui se met à battre plus fort, la peur du vide, le bonheur de l’instant ?

Les textes autant que le chant (partagé en alternance entre Lionel Fondeville lui-même et Cassi Costoulas) respirent une liberté formelle incroyable. Les histoires racontées sont abracadabrantesques et feraient passer les paroles de Mathias Malzieu pour l’énumération du tome 7 du Dictionnaire encyclopédique et biographique de l’industrie et des arts industriels. Rarement chant en français n’aura autant connu de belles variations, évoquant une succession de grands huit harmoniques.

Au final, ce bel album dépasse le cadre initial d’une toy-music en apparence sage et un poil convenue, pour s’affirmer comme un succès à la fois mélodique et narratif.




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