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Admiratrices et admirateurs d’ADA, passez votre chemin : ceci est une chronique (presque) enthousiasmée sur Katy Perry…

Doit-on remercier notre nièce âgée de dix ans pour nous avoir offert, en toute sincérité et générosité, le nouvel album de Katheryn Elisabeth Hudson, bizarrement nommé « Prism », lors des sempiternelles fêtes de fin d’année ? D’un autre côté, voila ce qu’il en coûte de sans cesse claironner que « Toxic » de Britney Spears est l’une des plus belles pop-songs au monde : à trop s’enthousiasmer pour des chansons hyper commerciales, on reçoit du Katy Perry lors du 24 décembre (j’avais pourtant demandé le « « Live At Cellar Door » de Neil Young). Du reste, on l’aime bien, Katy Perry ; moins pour sa musique que pour sa frimousse de pop-star post-adolescente, pas conne, assumant à donf LE tube qui déchire les uns et horripile les autres. De même, on reste convaincu que les titres « Part Of Me » et surtout « Last Friday Night » (et son clip génial rameutant le Goonie Corey Feldman), issus de l’album « Teenage Dream », s’imposent comme des pop-songs exemplaires (un peu l’équivalent actuel, pour les ados que nous resterons toujours, du « Holiday » madonnesque).

Profitant de quatre journées provinciales, far from Paris, à ne pas dessaouler du matin au soir, on s’ait enquillé non-stop le nouveau Katy Perry, jusqu’à parfois, dans les moments éthyliques les plus embarrassants, placer trois fois d’affilé le disque sur la platine (également pour donner un avis sincère à notre nièce de dix ans ne connaissant pas encore les Smiths et bien moins Mendelson). Alors, c’est quoi, Katy Perry, sur la longueur d’un album écouté à tort et à travers ?

Trop bien pour être bien, « Prism » est un tank, une machinerie parfaitement négociée et gérée, un 4X4 insubmersible, une mécanique proche de l’outrecuidance… Jusqu’à l’overdose et parfois le charmant ragout : orchestration trop copieuse ; voix trop prononcée ; production trop universelle ; dérapage hip-hop très embarrassants (les désastreux « Dark Horse » et « This Is How We Do »), dérive Daft Punk possédant trois années de retard sur les vingt ans de retard qu’affichent actuellement Bangalter et De Homem-Christo (le très daté « International Smile ») ; « Prism », en toute bonne foi, est une atteinte au bon goût. Sauf que l’on accepte le fait de n’avoir… aucun bon goût. Pour s’être infusé du Katy Perry jusqu’à friser l’OD, on reconnait tout de même à « Prism » des qualités qui parfois manquent à certains groupes dits « indés » : l’assurance, la respectable volonté de plaire à la terre entière, des chansons surproduites qui n’osent jamais se planquer derrière la fausse respectabilité d’usage, des textes pas mauvais, un brin de sincérité…

Ni génial ni indigne, le nouvel album de Katy Perry, au risque d’offenser les amateurs de joliesses, comporte au moins deux sympathiques sommets : d’abord « Roar », un tube assez incontestable, une chanson à fredonner tous en famille lorsque l’alcool rend déraisonnable ; et puis un magnifiquement putassier « This Moment » (rythmique électro façon Britney avant que les vocalises de Katy ne viennent tout foutre en l’air)…

Les lecteurs les plus spartiates d’ADA se diront : « il n’avait rien d’autres à écouter ou à lire, ce crétin de chroniqueur perdant son temps à décortiquer du Katy Perry ? ». Preuve que « Prism » est loin d’être la bouse (faussement) redoutée, j’avais en mains au moins trois disques sublimes pour mieux affronter la tristesse des fêtes de fin d’année hors Paris (oui, dès que je quitte Paris, je déprime) : L’« Electric Remix » de Zenzile (au passage, merci Yoakanta), le passionnant album de Blackthread (bise à Imagho, en passant) et le dernier Cosmetics (plus un petit Murat pour mieux décompresser le soir). Sans même aborder la masse de livres à joyeusement s’infuser (des bios Bowie et Keith Richards, de l’Eudeline, du Don Carpenter…)… Mais non : les accoutumances chimiques me ramenèrent, chaque soirée de ce triste décembre, à une écoute limite psychanalytique du nouvel album de Katy Perry. Comme s’il me fallait une pop aussi sirupeuse, aussi commerciale et, soyons clair, totalement indécente, telle que celle proposée par « Prism ». Comme si, à mon cœur défendant, les guimauves excellemment manigancées de miss Perry m’aidèrent à retrouver le sourire.

Admiratrices et admirateurs d’ADA, barrez-vous : ce disque n’est pas pour vous. Ne sachant même pas s’il est pour moi, je ne saurais trop vous conseiller une lecture sérieuse de cette chronique… A moins que ?




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