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Se pencher sur l’histoire de Barth est comme ouvrir un roman retraçant l’histoire chaotique d’un jeune homme qui aura la musique comme étoile au dessus de sa tête pour quitter une vie qui ne ressemble en rien à celle d’un enfant de Versailles sortant d’une école de commerce pour suivre les pas de papa dans une multinationale au blé facile. Non Barth est un enfant probablement rêveur qui rentre dans la peau d’un adulte, peut être pas encore prêt pour la réalité froide.

« Cold Smoke », quatrième album, est un disque que l’on n’écrit pas, que l’on ne couche pas sur le papier en pensant à mettre toutes les choses qui nous auront traversées. Non « Cold Smoke » est un disque que l’on rêve, qui nous apparaît dans un état à demi conscient, les yeux ouvert vers l’intérieur. Les 12 morceaux sont traversés par un chaos mélodiques qui vous caresserez. Les guitares sont ici des fées soyeuses, et les arrangements semblent sortir des mains expertes d’un funambule du nom de Yoann Le Dantec.

Ce qui surprend tout d’abord chez Barthelemy Corbelet (aka Barth) c’est sa voix. On pense dans un premier temps à jeune femme, tant celle ci n’a plus rien de masculin, et les écoutes répétées de « Hotel Room » et l’audacieux « Hotel Room dub » n’éclaircira pas ce mystère qui pourtant n’en est plus un. Barthelemy a une voix d’ange lui qui rêve en musique. L’autre surprise c’est la maturité, la facilité avec laquelle il nous livre des titres comme « Mia Andante » un instrumental d’une beauté monstrueuse. Le disque avance comme un rêve ensorcelant, on avance d’ailleurs sans une certaine inquiétude dans cet univers nous paraissant trop immaculé pour ne pas déceler des chausses trappe, des directions machiavéliques qui nous noieront comme peuvent le faire les sirènes quand l’alcool a trop coulé.

La pop est ici dans un de ses plus bels écrin (Frisbee Fantôme). Les différents morceaux sont des escapades vers des styles tous aussi différents les uns que les autres, sans jamais perde le fil d’Ariane qui semble guider un disque d’une consistance et d’une cohérence bluffant, celui d’illustrer un film qui n’existe pas.

Nous n’avons pas croisé une telle convergence de talent depuis les débuts de François Marry, pas entendu une chanson comme « Mia » depuis des lustres, la chaire de poule entamant une jolie valse avec les étoiles qui scintillent devant nos yeux. Si je devais me chercher un repaire dans la nuit, je demanderais à Barth de m’enregistrer une version de « Mia » qui ne s’arrêterait jamais.

Raffiné, touchant presque virtuose ce disque « Cold Smoke » aura le droit de nous accompagner longtemps, car on ne chasse pas si facilement de sa mémoire quelque chose qui imprime son passage sans appuyer sur le trait, sans altérer les images. Une divine rencontre.




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