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Transperçant les plus épaisses forêts, dévalant les pentes abruptes des plus hauts sommets, voici le retour de cette voix qui fleure bon l’ivresse de la liberté. En effet, plus de deux années après le très efficace Passive Me, Aggresive You, les néo-zélandais de The Naked and Famous sont de retour avec le minéral et assombri In Rolling Waves.

Un titre évocateur, tant cet exercice semble nous provenir du large des côtes du Pacifique, région de surf, où les vagues sont les maitresses du temps, écorchant les falaises de leur rythme régulier et acharné… Musicalement, les nappes électroniques parfois légères et insouciantes, parfois plus mélancoliques et névrosées ravissent toujours l’auditeur de leur présence, comme une marque de fabrique de la formation à la palette musicale riche en dégradés. Cependant, à l’écoute de cet album, quelque chose semble avoir fait du chemin dans l’esprit de ces amoureux de l’électro-pop ; quelque chose a grandi en eux… Irrémédiablement, le groupe semble se diriger vers un son plus mature, comme une envie de parler plus sérieusement, de ne plus se cacher derrière une apparence légère et parfois même crédule. Ce changement donne à coup sûr une ambiance plus sombre, profonde et habitée à ce nouveau chapitre, toujours bercé de rythmes implacables.

Pourtant, l’écriture et la couleur musicale de l’ensemble gardent aussi cette spontanéité et ce désir d’affirmation qui font de ce groupe, cette belle machinerie pop, à la production si prolifique en « tubes ». Ainsi l’album enchaine les titres aux mélodies toujours aussi accrocheuses, avec des voix, dont celle de la belle chanteuse Alisa Xayalith, toujours aussi puissantes et pourtant comme étouffées par des tourbillons électroniques, aux couches parfaites et harmonieusement éparses. Malgré tout, on y trouve également de nouvelles orientations ; des essais plutôt bien réussis à vrai dire comme sur le troublant « Waltz », dont la pop épurée et précieuse, avançant, comme en équilibre sur un fil, au grès des échanges de voix féminines et masculines, nous ramène obligatoirement vers l’univers des XX.

Par conséquent, ce nouvel exercice ravira sûrement les fans puisqu’il montre un groupe prenant considérablement de l’aise, en accord parfait avec son style et ses idées, tout en semblant rechercher de nouveaux horizons à explorer. Pour ma part, cette voix et ces envolées magiques et entêtantes (« A Stillness » ; « I Kill Giants » ; « Hearts Like Ours »…) m’avaient manqué et je savoure donc dans mon coin cette production simple mais sans accroc, même si il faut l’avouer, le tout n’est pas hautement révolutionnaire et sonne dans l’ensemble comme un produit très efficace -certains diront même commercial-. Je préfère saluer le travail, la performance et la production de ce nouvel opus aux péripéties poétiques et parfois dansantes qui feront, à coup sûr, des néo-zélandais, un nom omniprésent sur les affiches des plus gros festivals l’été prochain.




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