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Quelque part avec cette chronique, je referme un peu une boucle. N’y voyez rien de solennel ou de définitif, juste l’expression de ces petits symboles pertinents que la vie nous réserve parfois...

En mai dernier, mon aventure chez A Decouvrir Absolument débute après ce concert de Matt Elliott et de Mendelson qui me pousse à me dépasser pour enfin poser mes mots sur le travail, sur la perception du monde, sur l’œuvre d’un autre...

Ce concert de Mendelson continue à résonner en moi, à me poursuivre.

Samedi dernier, le 15 février 2014, après ce concert évènement avec Michel Cloup Duo mais aussi Françoise Lebrun, Pascal Bouaziz (Mendelson) et les images de Béatrice Utrilla, je n’ai qu’une seule idée : Extirper ces mots qui flottent dans ma tête, traduire cette adrénaline vitale qui coule dans mes veines, irriguer et contenir ces flots d’émotions ressenties...

Un concert d’exception, c’est fait de tout petits riens à la limite du perceptible, à la limite du non-dit...

Tout commence dans le hall de La Carène, Brest avec Michel Cloup qui invite le public à le suivre dans la petite salle d’à côté comme le joueur de flute du conte... Justement d’hypnose, d’envoûtement, il sera question tout au long de cette soirée...

De colère larvée en désespoir rentré, d’amertume tue en sentence définitive, le toulousain se cache derrière ses mèches de cheveux, derrière ses airs bravaches... Il ne séduit pas le public, il l’affronte...

La veille, à Brest, la tempête Ulla secoua la ville... Vagues submersives dans le port, arbres déracinés un peu partout dans la ville, sens aux aguets, images dantesques dans les yeux...

Ce soir là, samedi 15 février 2014, avec Michel Cloup Duo, Ulla était encore parmi nous, elle nous baisa bien, elle nous baisa fort...

Un concert d’exception, c’est fait de tout petits riens à la limite du perceptible, à la limite du non-dit...

Il faut avoir ressenti la vague froide qui monte quand Pascal Bouaziz arrive sur scène et se met à égrener ce chapelet litanique de désespérance lumineuse d’une voix atone et glaciale...

C’est un concert de contrastes, de nuances, de jeux avec les bordures... Il faut voir ces images énigmatiques de Beatrice Utrilla dans ces petits cubes qui accompagnent Michel Cloup...

Il faut voir Patrice Cartier aussi spectaculaire qu’émouvant dans toutes les subtilités de son jeu de batterie...

Un concert d’exception, c’est fait de tout petits riens à la limite du perceptible, à la limite du non-dit...

Il faut avoir vu ce regard de Michel Cloup, cette empathie, ce soutien alors que Françoise Lebrun (Actrice dans pour ne citer que lui, "La maman et la putain") s’avance avec une hésitation timide, avec cette main qui tremble contre le micro et qui lâche ces mots de Minuit Dans Tes Bras#2.

Il faut voir ce regard de Michel Cloup chargé d’émotions... Ce sera d’ailleurs le seul moment où il cessera de se cacher derrière ses mèches de cheveux...

Pourtant, l’ex Diabologum me semble être plutôt quelqu’un d’intériosé, de secret et pudique...

Là dans ces échanges de regards transpirent des émotions belles de deux êtres qui se respectent et s’admirent...

Un concert d’exception, c’est fait de tout petits riens à la limite du perceptible, à la limite du non-dit...

Ce sont ces moments où l’humilité est présente, ces moments où de grands artistes se mettent au service de l’autre comme Pascal Bouaziz qui s’efface pour mieux mettre en valeur la musique de son nouveau voisin de label chez Ici D’Ailleurs...

Ou encore Michel Cloup face à Françoise Lebrun...

Dans ce regard, il y a un peu "Je suis avec toi, tout va bien se passer, tu es belle, tu les dis bien ces mots que j’ai écrit pour toi..."

Dans les yeux de Françoise Lebrun, on croit lire, " Ne me quitte pas du regard ou je m’effondre, sois mes béquilles, mon soutien..."

Ce sont ces moments qui vous secouent, qui vous retournent...

On dit qu’une œuvre d’art, un livre, un tableau peut changer une vie, peut vous changer...

Le concert de Michel Cloup Duo, pardon, le voyage intérieur de Michel Cloup avec cette soirée "Nous Vieillirons ensemble" sera de ces voyages constitutifs d’autres cycles, d’autres envies, d’autres renouveaux...

Quelque part avec cette chronique et ce concert, je boucle une boucle qui appelle d’autres boucles et d’autres nœuds à desserrer...

Avec cette chronique, j’ai compris à quel point poser mes mots sur une feuille blanche et les partager avec vous est devenu indispensable au maintien de mes points cardinaux, à mon bien-être, à ma vitalité et ma curiosité face aux autres...

Michel, Patrice, Françoise, Beatrice et Pascal.... Merci pour ces moments rares...

Artistes Michel Cloup Duo



Michel Cloup Duo sur les compilations d'ÀDA