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Je suis un gros flémard, et l’idée même de quitter Le Lit était pour moi quasiment une souffrance qui n’avait d’égal que la vision d’une soirée musicale dans laquelle Christophe Miossec serait l’ambassadeur de Jojo Hallyday.

Bref, oisif comme pas un, l’invitation de Raymonde Howard ne pouvait que me convenir. Mais j’ai vite déchanté, car la sieste déjà s’avérerait être courte, ramassée en un quart d’heure, certes plus longue que les trois minutes douche comprise de Chirac, mais quand même. 15 minutes !!! et puis, comment dire, comment voulez vous vous endormir avec une fille pareille ?

Non contente de jouer une musique que les plus de 40 ans ne supportent uniquement pour ne pas être des has been face à leur progéniture, la demoiselle s’auto double, fait de sa voix, et de ses instruments les fragments d’une boucle entêtante, qui vous empêchera de compter les moutons sans une concentration que seul un joueur des chiffres des lettres est capable d’avoir.

Non ce Lit là n’est pas pour moi, mais par contre le disque oui. Quelle « putain » de claque dans ma face, dans ta face, dans nos faces (comment ne pas succomber à « Brooke Shields Alphabet » et cette rythmique qui semble avoir chapardé quelque chose que la guitare ne pourra jamais rattraper). Avons nous déjà entendu une fille nous mettre KO debout en si peu de temps depuis le « dry » inestimable de la belle du dorset ? Pas d’analogie avec la musique de Polly, mais par contre la même façon de prendre son sujet et sa guitare à bras le corps (ou avec la Brenda Kahn de « Epiphany in Brooklyn » notamment sur « Double Dare Do »). L’utilisation des phrases sur un séquenceur donne une puissance aux morceaux que les boucles des guitares et autres points d’appuis ne font que porter encore plus haut (« Tide-Ride » pourrait entrainer une addiction définitive et grave pour le bon fonctionnement d’un cerveau binaire), réveillant le moindre mort sur son lit (« Of Flesh And Bonds » est un excitant que la table de nuit essayera de bruler en compagnie de « A Constant War » tube imparable de ce disque). Les ambiances sont comme des cycles du sommeil qui graduellement ne font pas ressembler le diagramme à une pente régulière mais plutôt à une étape pyrénéenne, avec comme réveil le très pop « Push the Envelope ».

Nous pourrons alors nous quitter avec le très strict « The Bed » qui semble être interprété avec un fusil sur la tempe, la peur de rejoindre un lit pour la vie. C’est la fin presque inquiétante d’un disque qui fera tout pour nous empêcher de dormir.

(NB : Ce disque est une B.O.)




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