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Musique d’errance, cultivée, sophistiquée...Mais. Pleine de sang aussi. De sombreur et de sueur. Digne de Tuxedomoon, de son Desire. Victime de la danse, de la nuit, de ses vices. Coupable façon Dalhia Noir. Sur des rythmes lancinants, forcément inquiétants. Et d’une richesse éblouissante, gorgée d’alcool, de scènes violentes. Musique comme un corps découpé, puis recousu morceau par morceau. Pleine de coutures et de cicatrices, monstrueuse et fascinante. Tortueuse et nomade. Dans tous les sens du terme.

Musique où l’on décèle des éclats d’Arno, de Paolo Conte ou de Tom Waits. Où l’on se perd dans les fantasmes, les collisions sonores, les alliances soignées ou folles du jazz et du rock, avec toujours, aux encablures, l’effroi et le noir d’un crime. D’un cadavre quelque part, d’un bar en clair-obscur, de verres vides et de sorties au crépuscule. De chemins éraillés, de voyages dont on se moque qu’ils soient intérieurs ou pas. Ce corps recousu que l’on découvre au détour d’une dérive urbaine.

Et nocturne, ça va de soi. Unlucky donne le ton d’un disque débordant de routes sulfureuses, de marches troublées, de relectures aussi. Ce qui parfois donne le tournis, surtout quand on connaît Afterworks qui explorait déjà tant de pistes et de genres musicaux, autant d’hommages au rock, à la new wave, à la musique punk. Une virtuosité saisissante, déconcertante. Ray Bartok demeure un étrange vaisseau musical, cérébral et charnel, violent et profond. Qui nécessite d’être apprivoisé, et surtout longuement écouté pour en extraire toutes les nuances et facettes.




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