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L’oreille facile pourrait rattacher Marie Baraton à un axe Barbara / Fréhel / Piaf. Il est certes vrai que les huit chansons de « L’un et l’autre » rameutent des beaux souvenirs extirpés d’un Paris fantasmé, d’un Paris poétique reconstitué naguère par le cinéaste Leos Carax pour son chef-d’œuvre « Mauvais Sang ». Mais comme chez Carax (qui puisait autant chez Reggiani que dans la discographie de Bowie), Marie Baraton échappe aux classifications précipitées. De son jeune âge, doté d’un chant tellement possédé que l’on visualise des larmes d’émotion lors de chaque prise voix, Marie Baraton s’exprime à la façon d’une femme détenant des siècles et des siècles d’aventures, d’espoirs concrétisés, d’attentes brisées et de foi profonde en sa destinée… D’où l’aspect finalement intemporel de « L’un et l’autre » : cet album rappelle un délicieux parfum issu de l’enfance ; celui, jamais retrouvé jusqu’au premier essai de Marie Baraton, consistant à écouter les disques de nos parents et d’y ressentir un lien direct avec le présent. Les propositions punks des grands frères et sœurs incitaient à grandir plus vite que nos frêles épaules ne l’y autorisaient. Les moments musicaux partagés avec nos parents, inversement, évoquaient la tendresse, l’amour et le respect accordés à un instant que nous pensions éternel. A tord. Marie Baraton, c’est cela : les chansons de « L’un et l’autre » consolent beaucoup, rassurent pas mal, maternent un peu, puis s’évanouissent au loin, choses imprenables que le temps ne peut figer…

On ne saurait trop conseiller au Dominique A de « La Mémoire Neuve » d’écouter l’album de Marie Baraton : certaines affinités se passent de commentaires…




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