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Belle initiative (from Mannequin Records) que cette réédition du premier album de The Royal Family And The Poor, le poisseux et poissard « The Temple of the 13th Tribe ». Qualifier Mike Keane (l’ombre noire derrière TRFATP) d’artiste maudit serait très en deçà de la réalité puisque l’apport de Tony Wilson, une signature chez Factory en 83 et une production signée Peter Hook ne changèrent absolument rien au faramineux crash de ce disque trop malade, trop flippé. En redécouvrant aujourd’hui « The Temple of the 13th Tribe », on comprend mieux les raisons d’un tel rejet : les chansons de Mike Keane possèdent déjà la certitude de l’échec, le goût de la défaite et la désillusion des vieux combattants (Keane n’avait pourtant que vingt-quatre ans lors de l’enregistrement). « The Temple of the 13th Tribe » est effectivement un disque rongé par l’héroïne et les idées malfaisantes. C’est également ce qui, trois décennies plus tard, en fait toujours une œuvre à part...

The Royal Family And The Poor fut souvent comparé aux prémices de New Order (boite à rythmes claudicante, synthés ténébreux). Si la consanguinité musicale avec les quatre NO s’approuve aisément, « The Temple of the 13th Tribe » renvoie surtout au Psychic TV de « Godstar » et « Unclean ». Par exemple, « I Love You (Restrained In A Moment) », l’une des chansons parmi les plus bouleversantes qui soient (comme du Nikki Sudden accompagné de machines ancestrales), baigne dans une ambiance cathédrale et un chant aussi cramé qu’implorant. Le reste de l’album flirte avec les incantations démoniaques, la magie noire et les gravures d’alchimistes (un univers également arpenté par Genesis P-Orridge). A croire cependant qu’à trop invoquer les forces obscures, celles-ci finirent par se retourner contre Mike Keane…

Par la suite, TRFATP rattrapera le wagon new wave (avec une inspiration jamais démentie) mais, inversement à une formation telle que Human League (le groupe de Phil Oakey ayant lui aussi débuté dans les limbes de l’électro-dark avant de s’accaparer le public new-romantics), sans plus de succès ni de reconnaissance. En espérant donc que cette réédition permettra à Mike Keane, et plus particulièrement au premier album de The Royal Family, d’enfin outrepasser l’étiquette « les grands oubliés de Factory »… A moins que Lucifer n’y mette un veto.




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