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Ce qu’il y a de bien avec les différents groupes d’Emmanuel Tellier, c’est qu’on n’est jamais perdu en passant d’un disque à l’autre. Que ce soit sous étiquette 49 Swimming Pools (la dernière), Chelsea (la première, il y a plus de 20 ans) ou encore La Guardia, l’ex membre de la rédaction des Inrockuptibles navigue en registre connu, du côté d’une pop anglaise chérie et adorée. Seule petite incursion dans un rock à guitare dans sa carrière de popeux au long cours, l’unique album sous le patronyme de Melville lui avait fait presque toucher le succès populaire. En réalité, nous devrions écrire "leur avait", car Emmanuel Tellier parcourt le temps accompagné de quasi les mêmes vieux complices depuis le début, amis Tourangeaux rencontrés pendant leurs années étudiantes, et jamais abandonnés depuis.

De complice, on pourrait aussi qualifier notre relation (bien que lui ne me connaisse pas). Depuis plus de vingt ans, j’attends toujours avec impatience les productions d’Emmanuel Tellier. Avant de découvrir son versant créateur, ses avis dans les Inrockuptibles, époque "mensuel en noir et blanc", comptaient pour moi plus que celles des autres critiques. C’est probablement en grande partie grâce à lui que j’ai découvert des groupes majeurs comme The Smiths ou The Velvet Underground. Mais aussi d’autres, moins connus mais tout aussi importants dans la construction de ma culture musicale, comme The Housemartins, Sparklehorse ou American Music Club, dont on retrouve les influences au travers des disques du désormais reporter de Télérama.

Dans "Songs Of Popular Appeal", le troisième album publié par 49 Swimming Pools, qui sort le 22 septembre, on retrouve ces ambiances feutrées, un peu nostalgiques, doucement rêveuses, tellement inspirées par les trop tôt oubliés The Go-Betweens ou The Apartments. Une batterie légère, une basse marquant le tempo en arrière plan, des guitares délicates tout au long de l’album, des orchestrations très travaillées, et la voix toujours suave et un peu cassée de Tellier pour caresser le tout. Seuls titres un peu plus relevés, "The Bright Light (She’s The Only)" arrive idéalement au milieu de l’album, et y introduit un grand rayon de soleil, et "Diego, Half Man, Half Horse", qui sert de single (si cette notion a encore un sens). Le reste des morceaux est à l’équivalent de ce que savent produire les complices de toujours : égal, tout en subtilités et nuances, et pourtant toujours si agréable à écouter !




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