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The Black Angels est, depuis le début, une faille spatio-temporelle, un trou béant même, d’où s’échappe un psychédélisme hors d’âge, comme les meilleurs alcools ou les meilleures… Bref. D’où s’échappe un son lourd, supersonique. L’inflexion pop est marquante sur les derniers morceaux, mais pour mieux les pervertir...Remontent alors à la surface les excès des années 60. Le génie, aussi, absolu de ces années bénies pour la musique. Le rouleau compresseur s’affine et déroule des titres tout en puissance et finesse. Là où les précédents enregistrements roulaient à tombeau ouvert, Clear Lake Forest s’emploie à tisser une musique rayonnante, toute en résonance. Chaude et pleine d’irisations. Musique idéale pour la route. Qu’elle soit imaginaire ou réelle. C’est le déplacement, le nomadisme qui transpire…

Puis, au détour d’un titre, c’est l’expérimentation que l’on rencontre, une voix de plus en plus proche de celle du chanteur de Clinic, cet immense groupe déglingué et gravement malade. La volonté là encore d’affiner, encore et toujours, les vieilles recettes efficaces du psychédélisme est palpable. Et terriblement addictive. « An occurrence… », énorme déflagration, flambe de tous ses feux, et, au passage, renverse tous les codes établis d’un genre essentiel.

La suite ne fait que confirmer ce qui saute à la figure : The Black Angels demeure ce groupe aux avant-postes, qui à la manière d’un peintre maîtrisant à la perfection sa technique, pourrait se permettre de lâcher la figuration pour l’abstraction. Ne se souciant plus du sujet, libre, spontané. En un mot : souverain.




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