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Avant de rencontrer Johnny Marr, Morrissey, dans sa chambrette sise Whalley Range, avait repris une chanson de Bessie Smith nommée… « Wake Up Johnny ». Une anecdote hier mordante, aujourd’hui plutôt maussade. Et pour cause : voilà maintenant des lustres et des lustres que l’on aimerait secouer Johnny Marr, le forcer à s’extraire de sa position « ex Smiths »… Car pas la peine de jouer la carte indulgence : depuis « Strangeways, Here We Come », Johnny Marr n’a rien sorti d’exceptionnel. Aucune chanson homérique, pas même une quelconque madeleine proustienne. Electronic ? Les deux (seuls) grands titres issus de cette laborieuse association Sumner / Marr furent composés avec les Pet Shop Boys (« Getting Away With It » et « The Patience of a Saint »). The The ? Le mérite de « Dusk » devait tout à Matt Johnson. Et sinon ? On aura beau se creuser la cervelle, impossible de citer une chanson de Johnny Marr dépassant l’anecdotique, le gentiment passable (au mieux). Frustrant pour celui qui restera, dans nos souvenirs adolescents, « le plus grand guitariste du monde ». Et ce n’est sûrement pas « Playland » qui renversera la courbe. Pourtant, l’année dernière, Johnny s’était acquitté d’un premier album solo pas génial mais attachant. « The Messenger » plaisait pour son aspect désuet, pour les limites vocales de Johnny et certaines pop-songs joliment vintage. Hélas, avec « Playland », c’est « guitar hero Johnny » qui parle : du muscle, du coffre, des solos à donf, du gros son, pas de chansons. On se forcera à taper du pied sur « Easy Money » (au bout de trois écoutes), on accordera pénitence à « The Trap » ; mais pour le reste, c’est Waterloo…

Hier, Prefab Sprout chantait : « Johnny, Johnny, Johnny, there is a time for tears ». Des mots malheureusement toujours de circonstance...




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