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Il y avait cette émission a la télé, ce pauvre homme balancé aux cœurs des jungles, des antarctiques, des larges, il s’en sort, toujours, il n’aurait durer qu’un clin d’œil sur la ligne de vie de Marianne, Marianne, cette femme qui a gagné a chaque lutte le droit de voir prononcé son nom et pas celui des étoiles qui l’ont couché sur les pires routes, et ces amours, plus ou moins, qui raclent la gorge quand ils ne savent plus étrangler, Marianne a vingt ans aujourd’hui, effleurant a peine de sa ligne filiforme la Fleet Road de Londres, Marianne a vingt ans, puisqu’a chaque disque elle s’oblige a renaitre, elle se doit de se lever, elle se doit de briller, même si s’éloigne cette mode de Loosers magnifique (quelle magnifique expression, cher Charlelie Couture). Marianne use enfin son nom dans la lumière, ténue, certes, froide, certes, mais lumineuses comme un bout de tunnel (là te mène ce sacré Sharon, le passeur du dernier fleuve, Nick Cave, qui s’est tatoué sa peau de ta peau, et te reçoit Mc Rae comme un vieux démon quasi familier). A vingt ans, on peut regarder en arrière, s’assoir sur le même banc d’école qu’Anna, et voir tomber les Amy, les Kurt, comme on a vu chuter les Morissons, et cette comissure de lévres qui s’elevent au moment de chanter a nouveau par-dessus les péres Lachaise, armée de cette poesie de trottoirs humides, de murs salis d’affiches intemporelles d’artistes aux enfers. Oh, ils t’ont si bien entendu, ils t’ont si bien effleuré, les tous ici présents, que parfois on note le bonheur dans un filament pas encore griffé de ta voix. Par delà les petites notes de piano qui supurent larmes, reste la silhouette de Madame, ombre chinoise de seringue aux cheveux blonds, indomptés, et malgrés l’allure de bourgeoisie des photos qui s’egrainent, la fumée valseuse detrompe le regard, Marianne est encore là, querelleuse d’elle-même, main malheureuse de poker qui bluffe nos ouies de fortunes, de joies ivres, de tristesses, de courses de louves dans des champs de bataille, sauver nos fils de ce qui nous a presque devorer (Ed Harcourt decouvrant sous l’armure la guerriere nue, desarmée, et plus puissante encore). Et la fontaine de jouvence d’un auditeur qui ecarquille les yeux, en proie a la sorcellerie de retrouver intacte cette entité qui en 81 brisait l’anglais et bouleversait les banalités de Lucy, en croyant que la seule raison au miracle, c’est la fin de tout, et que l’oraison funeraire se declame depuis la voix rauque d’un diable reconvertis en sauveur, l’instant d’une clarté de Eno en suspension dans le temps. Marianne, vingt ans, mille ans, l’importance est ailleurs, surement, dans chaque parcelle volée aux émotions d’instants, dans chaque veine où ont naviguées les peines, dans les lèvres froissées de passants sans soucis, dans ces inventions de Keith et Mick qui créèrent ce golem de terre et sang a qui l’heure a offert des nerfs et que Roger Waters a su peindre comme Munch le temps d’un chant, aux abords d’un hyperréalisme de vie crue, aux orées d’un symbolisme de dorures et légendes intimes. Je me dis que comme cet aventurier, il faudra apprendre à survivre, je me dis que comme elle, il faudra réapprendre la vie, et que Flood mixe les aventures, je me dis qu’il ne serait pas bon vivre ainsi, mais comment être si grand, sinon ? Comment tutoyer Cronos ? Give my love to London, c’est peut être seulement rendre la rage a celui qui te l’a octroyé, c’est peut être se venger, la défense d’une guerre est plus aisé du haut des collines, dis Sun Tzu, Marianne grimpe encore, les combats ne doivent pas cesser, c’est là, la force du parchemin éblouissant qu’est Madame Faithfull, la bible d’une ressuscitée chronique.




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