> Critiques > Labelisés



Que de chemins parcourus par Camille Warmé depuis le folk aride et les guitares cinglantes des EP « Lost in Progress » et « Fall to Winter ». Cette compositrice possède la peur des sentiers tout tracés, des évidences dans lesquelles il est parfois facile de se laisser happer. Fondamentalement, la nécessité reste toujours identique : enregistrer des morceaux qui traduisent l’actuel état d’esprit de la demoiselle, charrier l’intime afin de ne jamais mentir. Sur la forme, Camille, production après production, s’offre à l’ouverture, aux bienfaitrices rencontres comme au constant remodelage. Déjà, hier, l’EP « Short Distance Runners » voyait Camille se frotter à une discrète mais très sensuelle electro-pop. Ce que confirme royalement cet attendu troisième album. Sans renier son amour pour les guitares indie rock, Helluvah propose un disque tourné vers l’horizon : inclinaison à la danse (le décidément génial « This is Hot », langoureuse collaboration avec Marc Huyghens et titre clef du précédent EP), quelques touches cold-wave, du planant et du grondant … A cela s’ajoute, outre l’ancien leader de Venus et actuel Joy, des rencontres avec Katel et Charla McCutcheon.

A l’instar des dernières productions de Laetitia Shériff et Milkymee, « Long Distance Runners » est un album tendu en surface mais cajoleur dans ses intentions. La colère se canalise, le spleen n’est là que pour réconforter, les éclaircies pop font mentir un intitulé tel que « A Dark and Cold Wave »… Peut-être est-ce une fausse impression mais Camille semble aujourd’hui plus apaisée que jamais, parfois ludique dans sa profusion d’idées instrumentales, sereine et joueuse, libre et heureuse. De ce constat, « Long Distance Runners », apothéose d’Helluvah à ce jour (car bordé par un principe caméléon), prouve définitivement que Camille Warmé est une artiste qui s’ancre de plus en plus à la fois dans nos consciences mais également dans le meilleur du rock français…