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Linda Jarvis doit être une de ces personnes lumineuses, de celles qui entre dans nos salons et nous font oublier femme et enfant, une sirène au chant d’éther et de chloroforme, nous enlevant avec délectation au pays des merveilles où tous nos vices –sages, ne pensons pas mal- où tous nos vices prennent forme d’air, entre dans nos poumons, et enveloppent nos cœurs. Linda doit être une petite fille modèle plus dangereuse que l’alcool les nuits de tristesse, funambule en jupe courte que l’on rêve de voir tomber pour écouter le cri qu’elle chantera dans la chute, ce fin et méchant petit plaisir de sa voix. Mais cette petite charmeuse de serpent au venin mélodique ne passe pas par hasard, elle passe sur cette bicyclette sonore, fraiche et libre, qui l’a fait lutter contre le vent dans une joie si proche de la transe, sur la chaine graissée d’un Thom Hill adorateur des Echo and the bunnymen (surement) et de cette école musicale qui aime les filigranes et orchestrations léchées et grandioses, arrangements étincelants, écrin parfait pour garder en vie la sirène, a mi-chemin entre Cranes et Till Tuesday, a l’aise dans les embruns de labels comme 4ad dans ses débuts, une union entre la femme-poisson et chef de mets fins, une œuvre surrealistement belle, un mariage exquis entre mer et terre dont le point de rencontre est une ligne d’horizon sonore qui cherche a éblouir comme un trésor, a charmer, a envahir nos émotions. Light sleeper est le parfait exemple de la grandeur de ce groupe, grandeur impalpable, immatérielle, grandeur sensorielle, une de ces petites œuvres d’art que nous faisaient butiner des Cocteau twins quand la fougue les portaient au-delà de tout compliment (je ne me permet pas de mettre la voix de Elizabeth Fraser au niveau d’une voix humaine), ce remue-trippe au rythme parfait, a l’onirisme idéal, a l’équilibre exact, un bijou que l’on savoure a toute heure de nos vies, a tout moment de nos jours, ce petit bout de son qui fait trembler la peau. C’est pourtant loin des chansons lentes que Echo Lake donne une notion exacte de son pouvoir, sinon quand le rythme s’accélère, c’est alors que le précieux devient impérial, entre ces nœuds dans lequel les instruments tissent les mélodies entre cliquetis exotiques, plages quasi érotiques (tant sensuelles) et guitares robotiques (si coupantes) là, Echo Lake se fait grand, énormément intéressant et puissant, quand la dream-pop se fait un zeste plus rageuse, plus enlevée. Si le premier opus des londoniens « wild peace » en 2012 avait excité plus d’un journaliste et encensé les critiques, ce nouveau tome devrait cueillir des fleurs sur tout son passage, en ajoutant la finesse de la production, le progrès interne du groupe et le niveau acquis d’un disque a l’autre. Si Linda effleure vos oreilles, aillez l’idée rapidement de la prendre dans votre nasse, cette sirène doit être votre, petits pécheurs devant l’eternel.




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