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Comment entrons-nous dans l’univers musical de l’autre ?

Parfois sans le demander, parfois sans se le demander, parfois par accident,parfois fortuitement.

Parfois sur un conseil, parfois par erreur, parfois sans le vouloir, parfois on aurait aimé ne pas le vouloir.

Parfois car une critique nous donne envie, parfois car on veut donner tort à la critique, parfois car on veut vérifier.

Parfois car on se laisse piéger par la hype assassine, car parfois on veut réparer l’oubli.

Parfois, il n’y a pas de raison, parfois, il y en a mille et unes.

Parfois, cela renvoie sans que l’on se l’explique à ces souvenirs qui forgent nos histoires anonymes.

Vos histoires anonymes, mes histoires anonymes.

Mes histoires anonymes sont traversées de pochettes d’albums comme autant d’ouverture à des errances curieuses.

Parfois on découvre un disque car on rencontre une image.

C’est le cas ici avec "La Voix De Mon Rêve" de Garden With Lips et sa pochette comme un cadavre exquis surréaliste. Chant d’oiseau, circonvolutions des voix, rythmiques qui se jouent de nous.

Musique de tous les sens, musique du cœur et des tripes, musique d’appétit et d’envie. Musique qui cherche finit bien par nous trouver à l’image de ce label de créatifs farfelus que sont les finistériens de L’eglise de la petite folie (Arnaud Le Gouefflec, John Trap, Ched Helias, Delgado Jones, La Boite à Ooti).

Musique sur le fil, faite de bric et de broc, de coupages et découpages qui rappellera parfois Rodolphe Burger mais avec une once de chaleur bienvenue en prime.

Oser le coq à l’âne, le ni queue ni tête. S’aventurer dans le bizarre sans être dérangeant, être dans les marges décalées sans pour autant être misérable.

Chez Garden With Lips, il y a cette même science de la fraîcheur, cette même spontanéité réfléchie que chez Jean Bart par exemple.

Il y a les sujets cachés et les choses que l’on planque sous les tapis, les madeleines mémorielles que l’on voudrait oublier, que cendres ni fiel ne sauraient jamais toucher.

Il y a ce que l’on peut toucher et ce qui est volatile, ce qui est trop subtile pour être dit, pour être vu.

Je ne sais pas vous mais moi je ne me rappelle jamais de mes rêves, le petit carnet qui décore ma table de nuit et qui prend la poussière, affamé de mes rêves pourtant abattu par l’amnésie de chaque matin.

Où sont donc les voix de nos nuits ?

Prendre le temps des aventures monotones, de se laisser aller aux quatre vents, de se disperser aux cent points cardinaux. Traverser les saisons aphones, ne plus se morfondre, oser la langueur.

La terre peut bien tourner, la mer prendre ses distances, les cendres voler à contre-jour, mon petit carnet reste muet à côté de mon lit.

Comment entrons-nous dans l’univers musical de l’autre ?

Parfois car il faut nourrir ces paysages nocturnes bien trop déserts

Parfois car il faut habiter ces lieux bien trop silencieux

Parfois car il faut être économe de nos temps qui restent.

Parfois car il faut être généreux de ses vides.

Parfois, juste parfois car il le faut... Parfois




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