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Que retiendrez-vous de vos jeunesses ? Vraiment, souvent j’y pense, quel est le son qui a marqué les frontières de mon personnage, cette mélodie qui m’a emmené plus loin, ce style qui m’a différencié des autres, ce monde qui m’a coloré. Il y a en nous les impressions de certains groupes, bien sur, des impressions comme des décalcomanies, d’autres plus profondes, des tatouages, et puis il y a les morsures, ces blessures qui restent a jamais, cicatrices et déformations des sens. Il y a des groupes qui sont connus, d’autres qui sont fuis, il y a les aimés, les horripilants, et il y a ceux qui vingt, trente ans après, tournent encore sur la platine, et viennent soigner, comme il y a vingt ou trente ans, les crevasse de nos cœurs et les baisers.

J’avais sur mon tourne disque ce « Millions lights » de Trisomie 21, le jour d’avant un vieux concert de « And also the trees », par besoin dernièrement de retrouver mes années collégiens, quand s’ouvraient nos sens aux étrangetés de l’âme. Dans ce chaos qu’est mon courrier mail en retard je trouvais la proposition d’un certain David Droz, et comme j’écoute tout avant de jeter ou de prendre, je posais mon ouïe sur son groupe, « The black hôtels doorkeepers », autrement dit « The B.H.D. », c’est une coïncidence heureuse, cher David et votre acolyte Francesco Lotti, de vous avoir écouté dans une ambiance déjà préparé pour votre type d’émotions, la cold wave jonchée mes murs sans laisser place a des pop et rock dernièrement, et ce « dancing in the shadow » vint me rappeler bien des valses sur Ximox et autres dans des boites enfumées et sombres de mon adolescence. Je ne veux pas par là vous donner de l’âge, ni vous rendre desuetement vieux, car si il y a quelque chose qui ne vieillit jamais, c’est le plaisir d’être quelque part encore enfoncé dans ces cuirs noirs, Stetson et mèche bleue, si il y a quelque chose qui bat encore c’est le temps.

Votre disque, messieurs, dans l’attente d’écouter les précédents Ep., est un hymne a cette manière de sentir ténébreuse et épique, baroque et charmeuse de serpents, cette figure autant ombre que lumière qui se plait a déambuler dans les lieux des dieux tristes, dans les ports des marins morts et les veines les plus proches du cœur, les dernières a tomber. On y retrouve ces chevauchées à pas de basses hypnotiques, ces guitares comme lames de couteaux se brisant dans les poitrines et les plages d’autres univers. Et puis ce travail de voix, qui se doit aux contre tempo et contre vents et marées, assise sur un travail peut être plus violent que dans mes souvenirs, plus agressifs et moins admiratif, plus actuel car ce monde est plus dur qu’avant. Un disque parfait pour ces amants d’avant qui n’ont plus peur de vieillir puisque sur ces sons la vieillesse a bien plus de force que les jeunesses de radios répétitives, parce que votre « Requiem » a bien plus de sens en ces jours que les salissures rocks qui se veulent futur. Un disque de solitaire à écouter en solitude, pour en extraire du neuf, du grandiose dans certains instant (« The stranger in the garden », qui ouvre ce disque est une jouissance auditive), et ce toujours intéressant monde du Post-punk français, scène qui n’hésite jamais à se relancer d’années en années avec talent, en laissant graver sur nos personnages des mythes musicaux, comme ils le firent avec moi pour me modeler, comme vous le faites en ce moment pour me fortifier.




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