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Le Millipede est le projet solo de l’artiste multi-instrumentiste Mathias Gotz. J’ai envie de vous abandonner sur cette seule phrase ; après vous avoir tout de même conseillé d’aller l’écouter. Ce n’est pas qu’il n’y a rien à dire sur cet album, mais parfois, la musique parle d’elle-même. Néanmoins, et parce que je dois justifier d’un minimum de lignes pour mériter mon salaire mirobolant de chroniqueur bénévole, je vais essayer de mettre des mots sur... Ça.

D’après Wikipedia : "Le Millipede est une mémoire de masse expérimentale d’IBM mise au point à son laboratoire de Zurich. [...] Ce surnom vient du fait que l’engin utilise des milliers de « pointes » en silicium qui induisent chacune un bit de donnée sur une couche en polymère." Je n’aurais pas mieux décrit la musique de Mr Gotz. Si on ajoute que le label qui produit cet OVNI s’appelle Alien Transistor, je pense qu’on a un bon aperçu de ce qui nous attend. Ce mille-patte construit des compositions libres profitant de sa supériorité numérique pour empiler les couches de notes et d’instruments avec une intelligence et une poésie devenus bien trop rares de nos jours. Impossible de classer cet album tant il est hors des sentiers battus. Mais on y retrouve tout de même quelques éléments qui nous servent de points de repère. Chez les instruments d’abord : claviers, synthétiseurs, jouets (toy-piano ou l’incroyable Casio VL-1, le plus grand synthé de tous les temps, dans un vrai mouchoir de poche), harmonium indien, batterie, percussions, trombone (l’instrument du compositeur) et quelques événements vocaux surtout pour leur aspect percussif. Dans l’écriture ensuite : si tout semble partir dans tous les sens, on trouve rapidement des points communs avec le rock progressif quand il fricote avec la folk, la musique électronique vu par le prisme d’une équipe de chercheurs contemporains issus d’une tribu andine, ou encore le jazz quand il sort de ses frontières. Le tout serait orchestré par un professeur mi-fou mi-punk que l’on soupçonne de faire du trafic de vinyles avec un gang de Pluton.

Vous l’aurez compris, cet album est LE remède à consommer sans modération pour se nettoyer la tête et les oreilles.




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