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Il y a quelque chose de jubilatoire que de parler d’un groupe, qui devrait cartonner, et cela bien avant que le grand public le découvre, et qu’il finisse par squatter les rares plateaux de télé où la musique live a encore une petite place.

C’est aussi jouissif j’imagine que pour un consommateur pathologique, quand celui ci a une invitation dans une grande enseigne, pour un shopping à l’abris de la foule, profitant de l’absence de foule pour se rouler dans le consumérisme le plus stupide, apogée de nos sociétés capitalistes et fondées sur la propriété..oups je m’égard, Besancenot sort de mon corps.

Shopping est loin du capitalisme, prenant même la source de son inspiration dans une période où les groupes britanniques n’avaient ni dieu ni maitre, et surtout pas celui du billet vert. Nous dansions sur la fin du rêve post 30 glorieuses, nous hurlions à l’envie de dégommer les statues dans un raffut mémorable. Shopping fera donc ses emplettes du côté de chez Gang of Four, Slits ou ESG pour notre plus grand bonheur.

Après avoir écoulé un 45 tours et un album autoproduit à la vitesse d’un acheteur pathologique d’iphone le jour de la sortie du numéro 8, le groupe nous livre sa prochaine production chez un label, le cultissime FatCat.

Et le moindre que l’on puisse dire c’est que Rachel Aggs, Billy Easter et Andrew Milk ont gardé de cette période la passion de l’instant, alignant les combinaisons imparables, comme si ils étaient imbattables au morpion ou au shifumi. Les morceaux semblent se répondre, se suivre, se ressembler, et pourtant au bout de 30 minutes l’unique sentiment qui prédomine chez nous est d’appuyer sur la touche play. Vitaminée sans aucun dopage, cette musique est la meilleure nouvelle nous arrivant d’Angleterre depuis des lustres, une musique érudite et primale, bien dans sa tête, bien dans son corps, sans un once de malfaçon ou d’arnaque. La basse est ici une maitresse de cérémonie sachant maitriser les désirs fous de la rythmique, introduisant à merveille une guitare tantôt espiègle, tantôt sauvageonne, elle même jouant avec le chant le plus chaud des chants froids. God Save Shopping.




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