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Il semblerait que le ciel s’ouvre, il semblerait qu’au premier son le manège se fasse hypnotique, et semble se fondre au fond de l’air, il semblerait que le ciel s’ouvre, la voix fraiche s’aromatise de menthe a chaque syllabe, le temps se fait plus doux entre les sages électrons et les lucioles qui trainent leurs queues chromatiques, il semble que les nuages changent de forme, l’accalmie viendra dans ces feulements répétés, quelque part le plomb s’habille de bleus, encore foncés. Dans l’image super8 de refrains de boites a musiques, les yeux entrouverts, balbutient des paysages doux, aux harmonies et lamentations vocales et épines d’orties pour relief, il n’est pas encore l’heure du sourire, pas encore l’heure des larmes, bien que se colorent les impressions d’enfance, bien que chien et loups partagent encore leurs poils, là est encore un limbe d’émotion, là est encore, persévérante, l’illusion d’un réveil ou d’une somnolence. Dans l’alentour presque peint, la main joue a faire des vagues sur les courants d’air, tranquillement, chevauche la matière volage, et son frottement est le chant de Victoria (Victoria Legrand) qui délave de ses aigues oniriques et envoutants les mots qui collent aux lieux invisibles, a ces espaces qu’on entrevoit derrière les regards, au dos des yeux, dans ces piscines d’automne et ces cirques pliés que distille Alex (Alex Scally), ces comptines enfantines dosées de rages majeures, ces doux rêves tachés de maux. L’atmosphère est placée, l’atmosphère de ces antres à la fenêtre embuée, seule ouverture aux choses, le scenario est une chambre isolante, une pièce juste pour voir en arrière, là où ont étincelée les premières lumières. Le temps se calme, l’éclaircie est une infime partie de ces textes qui tentent de cacher la « Dépression cherry » et mènent l’épreuve d’un sourire, d’une beauté spleenesque. Si tout semble désormais repos, alors que tout n’est que fatigue, de ces fatigues que d’autres ont éprouvé jusqu’à en boire l’alcool, les adeptes noirs des eighties mourants « Cocteau twins » et demain naissant enivrés de cieux, « Mazzy Star », ces fatigues qui coulent en plages longues et proses instrumentales sur des étés finissants, odeurs de menuets sur les chevaux de bois, parfums de mythiques Irlande et d’oranges Sunset Boulevards, des vues sur les océans depuis la seule fenêtre d’un espace, des paix sans cesse exprimées, a chaque corde et chaque touche, sur la peau même des lèvres d’elle, sur la terre même des pas de lui, dans un jour de temps lourd, voir l’espace bleu entre les nuages, et rester au repos de tout. N’avez-vous pas envie de voir s’ouvrir votre petit ciel interne, les cumulonimbus rendre les armes ? Beach house a le don de porter comme photo révélée a l’éther nos petites âmes en cavale paisible le long de leurs panoramas, de ces « Electro-dream » toujours si bien composés et proposés, tout ces voyages sonores enrichis de phrases, chantés comme l’on prie, en articulant parfaitement chaque émotion, et engraissant bien chaque engrenage du manège, tout si bien disposé pour le festin des yeux fermés.




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